décembre 2016
Cameroun

À la rencontre des héros d'Eséka

Par Alexis Huguet
Partage
Le 21 octobre, le train n° 152 Douala-Yaoundé a déraillé à l’entrée de la gare d’Eséka, au centre du pays, faisant au moins 79 morts et 500 blessés. Un drame national et un bilan qui auraient pu être aggravés sans l’intervention courageuse de citoyens solidaires. Témoignages.
 
Cette date restera gravé pour toujours dans la mémoire de tous les Camerounais. Ce vendredi-là, vers 12h45, le train n°152 de la société Camrail assure la liaison Yaoundé-Douala. À 400 m de la gare ferroviaire d’Eséka, le convoi déraille entraînant les wagons dans un ravin. Des dizaines de voyageurs meurent sur le coup. Des centaines d’autres sont blessés, bloqués dans les carcasses. La stupeur est totale. Mais les habitants affluent spontanément. Eséka est une petite commune d’environ 25 000 âmes, à 120 km de la capitale. Le personnel médical et les moyens de secours d’urgence y sont limités.
 
Alors, dans un élan de solidarité instinctif, en attendant les renforts, les habitants se débrouilleront par eux-mêmes pour tenter de sauver ceux qui peuvent l’être encore. Ils sont étudiants, infirmières, moto-taximen, chirurgiens, artisans… Ils se sont mobilisés « comme un seul homme » pour porter assistance aux victimes. En attendant que la commission d’enquête, ordonnée par le chef de l’État, Paul Biya, fasse la lumière sur les circonstances de ce drame, AM a rencontré ces femmes et hommes, sauveteurs d’un jour et héros ordinaires de l’ombre d’un drame national…
 
 
Johan Hamika
23 ans, étudiant en médecine
« Malgré le choc, on se doit de rester calme et serein »
 
EN CE VENDREDI NOIR, cela fait moins de vingt jours que Johan Hamika, étudiant en sixième année de médecine, a commencé son stage à l’hôpital de district d’Eséka. C’est la veille du week-end et le jeune homme et un autre stagiaire attendent à la gare qu’un train les ramène à Yaoundé. Au loin, un vacarme interrompt leur conversation. « On entendait le chauffeur klaxonner sans s’arrêter… Et subitement, le choc : on a vu les wagons se retourner. » Tous deux comprennent la gravité de la situation. Ils se précipitent à l’hôpital afin d’avertir leur directeur. « On a vu arriver les premiers blessés graves. Je ne m’attendais pas à ça. Et puis il y a eu 100 personnes. Puis 200, 300, 400… jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune place. On aurait dit une zone de guerre. C’était une vision terrible. Mais en tant que personnel de santé, on se doit de rester calme et serein, même si, au fond, certaines images sont choquantes. »
 
Pendant des heures, Johan, 23 ans, recoud les plaies, pose des perfusions, immobilise des membres fracturés et apporte du réconfort aux victimes. « Lorsque j’ai regardé ma montre, il était minuit. Je n’avais rien bu, rien mangé. » Vers 2 heures du matin, le calme est revenu. Johan, abattu, regarde autour de lui. « Tout était en désordre. Il y avait encore du sang dans les salles et les gars du BIR (Brigade d’intervention rapide, unité d’élite de l’armée camerounaise) transportaient des corps. C’est avec ces images-là que je suis allé me coucher. Aujourd’hui je préfère prendre ça comme une expérience acquise, parce qu’il faut toujours chercher le bon côté des choses. Et je crois que, désormais, je suis mieux armé face à ce genre de situation. »
 
 
Noé Ndjock Bayiha
34 ans, chaudronnier
« Leur calvaire m’a donné de la force »
 
PRESQUE AU MÊME MOMENT, Noé Ndjock Bayiha, chaudronnier et « inventeur » de son état, a quitté son atelier pour se rendre en ville. Sur sa moto, il passe aux abords de la gare et croit entendre un bruit. « D’un coup, je vois des graviers s’élever dans l’air, se rappelle-t-il. Là, je comprends qu’il y a un gros problème. Je saute la barrière… Il y a un nuage de poussière, des débris de train roulent encore. Sans réfléchir, je m’engage dans un wagon pour commencer à dégager des personnes. D’autres habitants sont arrivés et on a commencé à aider ceux qui étaient en vie. On les a portés, on les a sortis… » Mais rapidement, Noé comprend qu’il a besoin d’outils pour désincarcérer les victimes. Il retourne en vitesse à son atelier et récupère un groupe électrogène, une disqueuse, ainsi que des barres de fer. Il sollicite l’aide de ses cinq jeunes apprentis, un voisin leur prête sa voiture et tous retournent à la gare ferroviaire. Trois heures durant, ils passeront de wagon en wagon. Ils coupent, ils tronçonnent. Et, surtout, sortent corps après corps.
 
« C’était la première fois que je voyais ça, répète Noé. Quand je suis arrivé, j’étais d’abord choqué mais je n’ai pas flanché. Les gens souffraient. Leur calvaire m’a donné la force de combattre. Je n’avais plus peur de rien… Je ne faisais que travailler. » Vers 18 heures, les « hommes en tenue » les ont finalement écartés pour « sécuriser la zone ». Après avoir bu un verre avec ses apprentis, Noé rentre chez lui. « La première nuit, ce n’était pas facile » reconnaît-il. « Je suis resté assis pendant trois heures, à revoir le film de la journée. Aujourd’hui encore, je rêve que je suis dans un wagon en train de continuer le travail. » 
 
 
Boukar Ekani
35 ans, chirurgien au Centre des urgences de Yaoundé
« J’ai compris que les Camerounais savaient s’entraider »
 
IL EST 14 H 30 AU CENTRE DES URGENCES de Yaoundé. Boukar Ekani, chirurgien, s’apprête à entrer au bloc opératoire. Son téléphone sonne. Au bout du fil, Georges Alain Etoundi, directeur de la Lutte contre la maladie au ministère de la Santé. « Il m’informe que la rumeur concernant un accident de train est confirmée. Une catastrophe a eu lieu à Eséka. Il m’ordonne d’aller voir mon directeur : “ Dis-lui que le ministre cherche à le joindre pour que vous mettiez sur pied une équipe qui va descendre sur les lieux pour préparer la riposte ” », me dit-il. Quelques dizaines de minutes plus tard, l’équipe est opérationnelle. En compagnie d’anesthésistes, infirmiers et brancardiers, le docteur Ekani se précipite à la base aérienne de Yaoundé. Quatre ministres et un hélicoptère les y attendent. Une fois le matériel chargé, ils s’envolent pour Eséka. Après un passage rapide à la gare, ils arrivent à l’hôpital de district.
 
« C’était le chaos total ! s’exclame-t- il. Sur un même espace, il y avait les blessés, les familles, des badauds et des corps… » Il organise une réunion de crise et hiérarchise les priorités. « Selon un plan bien rodé, affirme-t-il. Zone rouge, zone jaune et zone verte, du plus au moins grave. Via WhatsApp, je communiquais en même temps avec les médecins d’autres hôpitaux pour qu’ils se préparent en conséquence. »
 
À quatre heures du matin, ils repartent pour Yaoundé dans le train qui convoie les blessés et les dépouilles. Quand il découvre l’organisation qui les attend à la gare, l’émotion est trop forte. « J’ai compris qu’au fond, malgré les difficultés de la vie et les divergences d’opinion, les Camerounais ne se détestent pas. Au contraire, ils s’entraident et ils s’aiment. Sur l’organisation en cas de catastrophe, beaucoup d’efforts ont été faits mais beaucoup reste encore à faire. J’en suis conscient. Mais le message commence à passer. »
 
Émilienne Karang
50 ans, vendeuse sur le marché d’Eséka
« J’ai recueilli la petite Ramatou… »
 
« À ESÉKA, TOUT LE MONDE connaît Émilienne, la gouailleuse vendeuse de « mets de pistache » du marché. Avertie du déraillement, elle se rend à l’hôpital de district. Pour aider. Elle y croise une infirmière qui tient dans ses bras un bébé recouvert de boue. « Elle était blessée sous l’oeil, derrière la tête et au niveau de l’abdomen », raconte-t-elle.
 
Émilienne, considérant l’infirmière trop jeune pour s’en occuper, propose de prendre la relève. Elle la lave, l’habille, puis part la déclarer aux agents des services sociaux. Eux préfèrent que la petite reste à l’hôpital. « Avec tout ce que j’ai vu là-bas, je ne peux pas y dormir, leur ai-je dit. Si vous me faites confiance, laissez-moi la garder à la maison en attendant de retrouver ses parents. » Des travailleurs sociaux l’accompagnent alors chez elle pour voir si les conditions sont propices. Après avoir rencontré les autres membres de la famille, ils donnent leur accord.
 
Mais en ville, une rumeur enfle. Certains accusent Émilienne de garder l’enfant pour récupérer de l’argent auprès de sa famille ou des autorités. D’autres riverains, en revanche, la soutiennent et lui offrent des produits pour l’enfant. « Un homme est arrivé le lundi, je crois. Quand je l’ai vu, je n’ai pas hésité, j’ai pensé : “ Voilà le père de l’enfant ”. » Des retrouvailles qui mêlent joie et chagrin. Le père n’est pas autorisé à repartir avec sa fille, faute de preuves de sa paternité. Deux jours plus tard, c’est chose faite. Émilienne prépare un dernier biberon à l’enfant avant son voyage jusqu’à Yaoundé. En retour, elle n’attend rien mais voudrait « avoir des nouvelles de la petite chaque jour. Vu les épreuves qu’elle a traversées, elle va faire beaucoup de choses sur la terre. Elle s’appelle Ramatou. »
 
 
Loïc Fonkoué
32 ans, chirurgien orthopédique et traumatologue au Centre des urgences de Yaoundé
« Tous ceux que nous avons opérés sont vivants »
 
« CE VENDREDI-LÀ, je finissais tôt. C’était mon week-end de repos. Vers 15 heures, le directeur du Centre des urgences de Yaoundé (Cury) m’appelle et me demande de revenir immédiatement. Je n’en sais pas plus. À mon arrivée, un collègue m’apprend qu’un accident a eu lieu et qu’il y aurait un grand nombre de morts. » Aussi vite qu’il est permis, le docteur Fonkoué, désigné chef des opérations au Cury, reconfigure intégralement l’hôpital pour recevoir un afflux massif de blessés. « Cela fait un an et demi qu’on travaille sur un plan d’urgence avec le ministère de la Santé, indique-t-il. On sait qui fait quoi, tout est écrit. »
 
Vers 18 heures, les premières victimes sont transportées. Les suivantes arrivent le lendemain matin, à bord du train. « Tous les patients que nous avons alors reçus sont vivants aujourd’hui. Il nous aura fallu environ quatre jours pour les opérer. Certaines chirurgies étaient vraiment lourdes. » Arrivé vendredi matin au Cury, Loïc Fonkoué ne regagnera son domicile que le samedi à minuit. « Oui, ça fait presque 48 heures non-stop… Mais c’était le lot de tous, du directeur au brancardier », précise-t-il. Quand il quitte l’hôpital, son sentiment est celui du devoir accompli. « Toute l’équipe a été fantastique. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la solidarité de la nation. Nous avons tendance à nous tirer dessus entre Camerounais, mais là nous avons vraiment été solidaires. »
 
 
Gweth Ntamack
38 ans, moto-taximan
« Comme s’ils étaient de notre famille »
 
GWETH NTAMACK est bendskinner, l’appellation camerounaise pour désigner les moto-taximen. « Né à la maternité d’Eséka », comme il se plaît à préciser. Au moment du drame, comme chaque jour, il est sur son deux-roues, près de la gare routière, à guetter le prochain client. « J’ai vu les wagons se soulever », affirme-t-il. Il fait démarrer sa moto et avance vers le lieu du drame. Il se fige. « J’ai alors vu les corps. Je ne pouvais pas m’approcher, je n’avais pas le courage… C’était la première fois de ma vie que je voyais ça. » Sur le quai, un homme à terre appelle au secours. « C’était un contrôleur de train. Il avait l’épaule cassée et demandait que quelqu’un l’emmène à l’hôpital. Je l’ai porté, l’ai fait asseoir sur ma moto. Quelqu’un est monté derrière lui pour le soutenir. Mais dès que je l’ai déposé à l’hôpital, je suis revenu à la gare. Il le fallait. Ensuite, j’ai transporté une jeune femme qui saignait. Puis un journaliste… »
 
Jusqu’à la nuit tombée, Gweth fait d’incessants allers-retours. Certaines victimes lui donnent un peu d’argent pour qu’il puisse remettre du carburant dans sa moto. « Comme un seul homme », dit-il, Eséka s’est mobilisée. « Nous étions plein de bendskinners à soutenir les blessés, précise-t-il. Mais aussi des voitures particulières, les véhicules des autorités, les minibus… Monseigneur Bogmis, l’évêque d’Eséka, a lui aussi mobilisé sa voiture. »
 
Aujourd’hui, sa voix tremble alors qu’il évoque cette journée. « Ce souvenir ne pourra jamais disparaître. Quand tu vois autant de gens blessés, tourmentés, ça fait mal. Il y avait même des bébés qui criaient. Nous avons simplement essayé de les secourir comme s’ils étaient de notre famille. »
 
 
Élisabeth Ngo Bama, épouse Kouang
42 ans, infirmière en chef d’un cabinet de soins
« J’ai perdu une amie mais sauvé des vies »
 
AU PREMIER ABORD, Élisabeth Ngo Bama pourrait sembler timide. Mais cette femme porte le courage en elle. « Quand j’ai un objectif, j’aime aller jusqu’au bout », dit-elle. Depuis huit ans, l’infirmière en chef du cabinet de soins La Miséricorde se bat prévient que des wagons viennent d’échouer dans un ravin, non loin de leur poste de santé. Accompagnée de son directeur, Élisabeth se précipite pour aller constater l’accident. À peine le temps de faire cent mètres que les premiers blessés affluent en sens inverse. Demi-tour. Ils transforment le plus vite possible leurs locaux en centre d’urgences improvisé. Tous les employés sont mis à contribution.
 
« Le planning familial a par exemple été transformé en salle de chirurgie, s’exclame Élisabeth. Je ne pensais pas qu’on avait un personnel qui pouvait tenir comme ça. Ils ont fait un travail magnifique. Même la caissière a pris son courage a deux mains et a enfilé les gants ! » À 16 heures, la tension est retombée. Ne restent plus que les patients sous observation. Élisabeth quitte alors sa blouse blanche et part à la recherche de son amie qui au quotidien avec peu de moyens. Ce « vendredi noir », elle est au téléphone avec une amie d’enfance qui voyage dans le train no 152. Peu avant qu’il n’entre en ville, leur communication est coupée.  Le téléphone sonne à nouveau quelques minutes plus tard. Une collègue de La Miséricorde la était dans le train. Au fond du ravin, elle escalade les wagons posés sur leur flanc. Elle cherche sur les corps abîmés un élément familier.
 
 
« Quand tu as grandi avec quelqu’un, que tu as fait l’internat avec elle, il y a des signes sur un corps que tu connais », explique-t-elle, la gorge nouée par l’émotion. Sa quête sera vaine. Elle part à l’hôpital de district, toujours rien. Elle n’abandonne pas, en vient à se frotter aux militaires qui gardent la morgue. Mais elle ne trouve aucune trace de sa camarade. Tard dans la soirée, son mari la raccompagne « de force » à leur domicile.
 
Le lendemain, elle apprendra que son amie a péri dans l’accident. Maigre consolation, depuis ce jour, elle reçoit des coups de téléphone de remerciement de la part des blessés qu’elle a secourus. « C’était terrible mais, au moins, nous nous sommes battus ! », conclut-elle.
 
 
 
Joseph Désiré Simb, dit Saint-Éloi
42 ans, homme de confiance d’un chef traditionnel
« Un homme tentait de voler une victime. J’ai dû le frapper… »
 
« JE M’ÉTAIS ARRÊTÉ pour manger un poisson braisé en face de la gare. » C’est ainsi que commence l’histoire de Joseph Désiré Simb.
Cet homme jovial, que tout le monde appelle Saint-Éloi, est le chauffeur et homme de confiance du chef traditionnel du Nyong-et-Kéllé. Il était tranquillement assis lorsque le train déraille sous ses yeux. Sans perdre une seconde, il se précipite dans l’enceinte de la gare.
 
Des notions de secourisme, apprises lors de ses années d’université, lui permettent de venir en aide aux blessés. Rapidement, tous les passagers valides sont bientôt en sécurité. Mais il faut ensuite pénétrer dans les wagons qui gisent dans le ravin. A-t-il eu peur ? « Non, je devais porter secours », assène-t-il. Avec d’autres volontaires arrivés sur les lieux, Saint-Éloi évacue pendant près de cinq heures les victimes prises au piège de la carcasse d’acier. Et de toutes les personnes qu’il a aidées, une histoire semble l’avoir plus particulièrement marqué : « Avec un ami, nous étions en train d’essayer de dégager un homme qui souffrait. Il avait été transpercé par une barre de fer au niveau de l’entrejambe. Il nous suppliait de l’aider. » L’accidenté a un petit sac autour du cou.
 
Joseph Désiré Simb raconte qu’un jeune homme s’approche de la victime et lui dérobe sa sacoche. Il lui intime l’ordre de la reposer immédiatement. Le jeune refuse. « J’ai été obligé de lui mettre un coup de poing », poursuit-il. Après avoir réussi à sortir le blessé, il part consigner le sac du voyageur auprès des policiers de la gare. Et demande l’autorisation de chercher dans le téléphone de la victime un numéro qui permettrait de joindre ses proches. Il trouve son épouse, la prévient, lui demandant de venir le plus vite possible. Il fait déjà nuit quand elle arrive. Décomposé, devant l’hôpital, Saint-Éloi lui annonce que son mari est décédé. Elle s’effondre. Il essaye de la réconforter, tant bien que mal. Il les invite, elle et son chauffeur, à venir passer la nuit chez lui. « Personne n’a pu fermer un oeil », ajoute-t-il.
 
Le lendemain, juste avant de partir, elle le remercie de tout son coeur et lui demande une faveur : qu’il vienne aux obsèques de son mari pour témoigner de ce qui s’est passé ce vendredi 21 octobre à Eséka.

 

Partage
À lire aussi dans TEMPS FORTS
TEMPS FORTS Portrait Kylian Mbappé : la France-Afrique a un incroyable talent !
TEMPS FORTS Récit Corée du Nord : voyage chez Kim
TEMPS FORTS Agenda Les festivals et les expos à ne pas rater en ce moment
TEMPS FORTS Analyse Gabon : un an déjà...

Suivez-nous