février 2017

ANTICIPER, C'EST MIEUX

Par Emmanuelle PONTIÉ
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Depuis la fin 2014, avec la chute mondiale des prix du pétrole, la plupart des pays africains dont l’économie est arrimée au seul or noir, sont à genoux. Vraiment. C’est assez curieux de voir comment le manque d’anticipation, de mise en place de politiques de diversification durables, bref, en un mot comme en cent, de vision concrète sur le long terme, fait cruellement défaut. Mettons de côté la « mal gouvernance », la corruption et autres pratiques à la Panama Papers qui détournent joyeusement les revenus de ladite manne. Et forcément, en cas de disette, tout cela complique sérieusement l’équilibre des comptes publics.
 
Mais on constate surtout que les gouvernements des nations concernées ne mettent pas vraiment d’énergie (c’est le cas de le dire...) dans les autres domaines porteurs de richesses et de développement durable, comme l’agriculture par exemple. Et en cas de pépin, c’est le désarroi… On emprunte pour payer les salaires, on demande à chacun de se serrer la ceinture d’un cran supplémentaire et on attend… que le coût du baril, ou des matières premières en général, remonte ! Certes, la volatilité des postes ministériels et les numéros de chaises musicales incessants dans certains pays n’aident pas non plus à installer des programmes intelligents sur le long terme. C’est un phénomène qui décourage les plus méritants et les plus visionnaires. Neuf fois sur dix, la règle est de faire profil bas pour ne pas être remplacé au pied levé, ce qui ne dope pas les bonnes initiatives. 
 
Alors que faire ? Continuer à parier sur une denrée au cours capricieux qui, demain, anyway, sera inexorablement remplacée par des énergies renouvelables ? Ou mettre en place activement d’autres systèmes de revenus, plus pérennes ? La réponse est dans la question… D’ailleurs, prévoir les coups de bambou éventuels devrait globalement s’installer comme un réflexe dans bon nombre de domaines. Pour citer un autre exemple, la démographie galopante africaine présage, selon la plupart des experts mondiaux, des flux immenses de jeunes qui vont se heurter à l’absence de structures d’enseignement suffisantes, et bien sûr au manque d’emplois. Vous avez entendu parler de programmes concrets capables de parer à ce « fléau », vous ? Pas vraiment. Autre exemple, l’accès à l’eau potable. Les centrales, barrages et autres usines à peine sortis de terre sont déjà obsolètes, aux dires des constructeurs eux-mêmes, face à la demande exponentielle des grandes villes. Là encore, on anticipe ? Non. Il y a fort à parier qu’à ce rythme-là, les politiques politiciennes et leur gestion à très très court terme de la chose publique risquent de le payer cher demain…
 
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