novembre 2018

Booster l’emploi

Par François BAMBOU
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Cursus professionnels optimisés, promotion de l’auto-emploi, insertion socio-économique, Plan triennal spécial jeunes… Plusieurs initiatives sont en cours pour inverser la courbe du chômage.

Endiguer la montée du chômage au moyen de la création de postes décents et de la promotion de l’autoentrepreneuriat. Ainsi se résument les objectifs du gouvernement. Certes, ces dernières années, la mise en oeuvre de grands projets structurants a favorisé la création de milliers d’emplois, mais comme le souligne Paul Biya, on doit être plus ambitieux : « L’option gouvernementale, orientée vers l’enseignement des métiers et les formations pratiques et techniques, commence à porter ses fruits en favorisant l’auto-emploi et l’insertion socio-économique des jeunes. 473 303 emplois jeunes ont été recensés au 31 décembre 2017. C’est mieux que l’objectif de 400 000 que nous nous étions fixé. Mais nous sommes conscients qu’il en faut plus pour résorber le chômage des jeunes. »
Un des instruments privilégiés du gouvernement pour faire face à l’arrivée de milliers de diplômés chaque année sur le marché de l’emploi est le Plan triennal spécial jeunes (PTS-Jeunes) lancé l’année dernière. Dotée d’une enveloppe globale de 102 milliards de francs CFA, cette initiative vise les tranches d’âge comprises entre 15 et 35 ans. Au total, le PTS-Jeunes cible 1 500 000 jeunes à raison de 500 000 par an, dont les besoins et vocations sont identifiés via l’Observatoire national de la jeunesse, dans des secteurs tels que l’agriculture, l’économie numérique, l’innovation technologique. « Notre jeunesse n’est pas suffisamment identifiée ni caractérisée. Ses aspirations et besoins ne sont pas clairement répertoriés et classés de manière scientifique. C’est la raison d’être de l’Observatoire national de la jeunesse qui vient de voir le jour », explique le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou. Depuis le lancement du PTS-Jeunes, un peu moins de 3 000 projets individuels ou en groupes ont déjà été financés par le Fonds national d’insertion des jeunes, le bras financier de ce programme. Des milliers d’autres projets sont en cours d’examen par le comité de crédit du fonds, et on enregistre près de 600 000 jeunes inscrits à la plate-forme de l’Observatoire national de la jeunesse, dont environ 2 000 issus de la diaspora.
 
L’importance des TPE et PME
Selon le ministre Mounouna Foutsou, plusieurs projets sont mis en oeuvre par différents départements ministériels en faveur de la jeunesse : « En ce qui concerne le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique, l’Agence du service civique national de participation au développement a formé et inséré depuis son démarrage en 2012 à ce jour 22 620 volontaires, le Pajer-U/Pifmas a placé en auto-emploi depuis 2007 à ce jour 5 183 jeunes dont 300 en junior entreprises. Il faut noter que ces TPE et PME ont généré des milliers d’emplois pour d’autres jeunes », a-t-il déclaré. Ces programmes viennent en appoint aux opérations déjà lancées par le Fonds national de l’emploi, dont une première évaluation des acquis montre qu’en ce qui concerne le monde rural, le Pader (Programme d’appui au développement des emplois ruraux) est parvenu à installer 65 500 jeunes entrepreneurs agropastoraux. Pour les Camerounais fraîchement diplômés, le PED (Programme emploi diplômé) a déjà pu en placer 10 500 en entreprise tandis que le programme Usep (Urban Special Employment Program) est en cours de déploiement, avec de fortes attentes. Idem pour le Pairppev (Programme d’appui à l’insertion et à la réinsertion socioprofessionnelle des personnes vulnérables), conduit avec le ministère des Affaires sociales. Les Camerounais de la diaspora bénéficient, eux, du Paric (Programme d’appui au retour des immigrés camerounais). L’optimisation des ressources humaines pour s’adapter au marché du travail devra aussi réduire le chômage. À côté des trois centres de formation d’excellence installés dans les villes de Limbé, Sangmélima et Douala, les autorités ont déployé un réseau de centres de formation aux métiers dans toutes les régions du pays. Afin que l’ensemble de ces instruments ne se télescopent pas, il existe des passerelles entre les différents dispositifs d’accompagnement des jeunes diplômés dans l’auto-emploi.
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