janvier 2018

CAMEROUN : ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Par Emmanuelle Pontié
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Si l’on regarde froidement l’actualité : c’est sur fond de crise anglophone qui se radicalise dans les régions du Nord et du Sud-Ouest, de guérilla terroriste menée par la secte Boko Haram qui perdure dans l’Extrême-Nord, et d’afflux de réfugiés centrafricains à gérer sur son front oriental, que le Cameroun abordera 2018. Sans oublier la présidentielle prévue pour octobre. Une année par ailleurs jonchée de scrutins à programmer, puisque c’est celle des élections générales : sénatoriales, municipales, législatives. Auxquelles pourraient se rajouter les premières régionales, qui devraient consacrer la mise en place des Conseils régionaux conformément à la Constitution de 1996. Un grand chantier donc, qui fait déjà beaucoup jaser dans les quartiers, de Kousséri à Ebolowa, et dans les colonnes de la virulente presse privée de Yaoundé. Les spéculations vont bon train. Tous ces scrutins pourront-ils avoir lieu ? Tous les candidats déclarés (ils sont une dizaine) iront-ils jusqu’au bout de la présidentielle qui doit se tenir en octobre ? 
Du côté du palais d’Etoudi, les informations, comme à l’accoutumée, ne filtrent guère. Seul un voile se lève peu à peu, celui qui entourait le mystère de la candidature du président sortant et candidat naturel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Paul Biya. Plus personne ne doute vraiment qu’il briguera un septième mandat. En marge des Cassandre, certains avancent qu’il le fera même avec la bénédiction des chancelleries étrangères, qui considèrent le « Sphynx » comme le verrou précieux d’une sous-région en proie aux déstabilisations les plus variées. Et comme premier garant de la sécurité de son pays, ainsi que des équilibres politiques internes.
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