juillet 2017
Musique

Ce que l’on va aimer cet été

Par Sophie Rosemont
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La saison 2017 mise sur le groove et le synthétique. D’Amadou&Mariam à Pharrell Williams, tour de piste des tubes qui vont mettre le feu aux dancefloors…La saison 2017 mise sur le groove et le synthétique. D’Amadou&Mariam à Pharrell Williams, tour de piste des tubes qui vont mettre le feu aux dancefloors…

À la tête de la bande originale de Moi, moche et méchant 3, saga animée à laquelle il est fidèle depuis quelques années, Pharrell Williams offre, pour la sortie du nouveau volet, le tube de l’été, le bien nommé « Yellow Light ». Ici, le funk, sur une structure électro-pop, s’avère ludique (il faut plaire au public junior du film) tout en étant aussi imparable sur le dancefloor (les parents ont, eux aussi, le droit de s’amuser).

À seulement 23 ans, Denai Moore s’impose quant à elle comme la rivale de Solange de l’autre côté de l’Atlantique. Elle manie avec une féminité assumée et subtile le R’n’B, la folk et l’électro-pop. L’Anglo-Jamaïcaine a déjà collaboré avec la crème de la scène indie britannique et, avec son second album produit par Steph Marziano (Radiohead, The Prodigy, FKA Twigs), elle entre pour de bon dans la cour des grands. En témoigne ce single absolument irrésistible, « Does It Get Easier ?», tout en groove synthétique – à l’image du son de Calvin Harris. Lui l’envisage en version calibrée pour le dancefloor. Juste pour l’été, il publie son album Funk Wav Bounces Vol. 1.

Une ribambelle de tubes au programme, dont « Heatstroke », avec Ariana Grande, Young Thug et Pharrell Williams (encore lui), excusez du peu. Joyeux comme une fête d’anniversaire au bord de la piscine. Mais aussi « Rollin’ », single langoureux où le hip hop s’accompagne d’un clavier pop. Avec les interventions du chanteur Khalid, la nouvelle valeur sûre du R’n’B américain, et du rappeur Future. Même si on se languit du prochain album d’Amadou & Mariam, leur EP Bofou Safou, porté par le morceau-titre, nous réjouit suffisamment pour arrêter de trépigner. Mais pas de danser : doté d’une production nourrie d’afrobeat comme de disco, « Bofou Safou » n’aurait pas détonné durant les nuits blanches du Studio 54, avec la magie du bambara en plus.

Enfin, trois semaines après sa sortie, le nouvel album de Kendrick Lamar était déjà certifié platine. Guère étonnant au vu de la dextérité du rappeur de Compton. Single hyper porteur, « DNA » fait preuve d’un flow d’une rare puissance, radical et fulgurant, de paroles sombres et sans concession. En un mot, imparable.  

pop / afrobeat
PREMIERS ALBUMS POUR LES FRÈRES SARR

La famille du philosophe Felwine Sarr partage le même GOÛT pour la musique. Majnun avec Waliyaan, et Sahad avec Nataal Patchwork. Inspirant !  

Les frères cadets de Felwine Sarr, économiste et écrivain sénégalais parti en orbite depuis la parution en 2016 de son essai Afrotopia (Philippe Rey/Jimsaan, 2016), partagent avec lui son goût pour la musique. Felwine Sarr, engouffré dans un marathon de conférences internationales, n’a plus beaucoup de temps à consacrer à sa guitare… Majnun et Sahad Sarr, eux, sortent presque au même moment, mais séparément, leurs premiers albums respectifs. Leurs points communs font inévitablement penser à leur frère aîné : même éclectisme, même quête spirituelle, titres autoproduits en toute indépendance et textes « à message ».

Majnun, qui emprunte ce surnom à un personnage de la littérature soufie, est basé à Orléans. Il tient avec son groupe Waliyaan (« exil » en wolof) des compositions qui rafraîchissent la pop sénégalaise, dans le sillage de d’illustres aînés tells que Xalaam. De son côté, Sahad a formé le Nataal Patchwork (« portrait » ou « photo » en wolof) avec des amis africains rencontrés à l’université de Dakar – notamment nigérians, ce qui s’entend dans les cuivres et les pointes d’afrobeat à la Fela. « Je suis le parent de l’eau et de la lumière, mon nom est couleur », chante Sahad. Fils de militaire, peut-être, mais aussi poète que ses frères.  

r’n’b
LYNA MAHYEM, LE SON JEUNE 

Nouvelle pépite de la scène R’n’B, Lyna Mahyem a créé le buzz en janvier 2016 avec une reprise afro-trap (texte rap sur un rythme afro) du titre « 92i Veyron » du rappeur Booba. Un succès soudain qui lui a valu plus de 37 millions de vues sur YouTube ! Depuis, la chanteuse de 21 ans enchaîne les tubes qui cartonnent tels que « Tiens ça », « À mes côtés » ou encore « Tsunami ». Son dernier titre « Prenons le large », sorti début juin, s’impose déjà comme l’un des sons phare de cet été avec des sonorités orientales au rythme entraînant. Incontournable si on aime le genre.  

rock
SONGHOY BLUES, TOUT FEU TOUT FLAMME

 

Omar, Aloui, Garba et Nat : voici quatre garçons dans le vent qui, depuis deux ans, secouent la scène de Bamako, refusant la violence environnante. Enregistré à Londres avec Neil Comber (M.I.A, Django Django, Crystal Fighters), Résistance s’offre des interventions VIP comme celle d’Iggy Pop. Normal, le deuxième album du groupe malien assume ses racines de l’ethnie songhoy et son amour pour le Sahara tout en s’ouvrant aux influences seventies anglosaxonnes. Résultat, un rock électrique, polyglotte et indispensable.  

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