août 2018

Face à la terreur islamiste, la fermeté

Par François BAMBOU
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Grâce aux actions des forces de défense et de sécurité, la capacité de nuisance des groupes terroristes à l’Extrême-Nord, est aujourd’hui très affaiblie. 
 
La terreur a manifestement changé de camp dans l’Extrême-Nord Cameroun où la secte nigériane Boko Haram semait quotidiennement la désolation et la mort. Grâce à la lutte intense menée par les forces camerounaises appuyées au dernier moment par les troupes tchadiennes et celles de la Force multinationale mixte, sa capacité de nuisance a été considérablement amoindrie et le groupe terroriste en est réduit à perpétrer des attentats sporadiques, dont la plupart sont déjoués. De fait, devenu aphone, Abubakar Shekau, le sinistre chef de la secte islamiste basée dans l’État de Borno au nord-est du Nigeria et qui étend ses méfaits dans tous les pays voisins du lac Tchad (Cameroun, Niger, Tchad), a disparu des écrans, alors qu’il plastronnait dans des vidéos diffusées sur Internet, où il martelait avec arrogance son intention d’établir son califat sur cette partie du Cameroun. Pour Raoul Sumo Tayo, historien et chercheur en défense et sécurité au Centre d’études stratégiques et des innovations de Yaoundé, les actions des forces de défense et de sécurité ont d’abord permis de couper les voies de ravitaillement en munitions et carburant, qui approvisionnaient la secte depuis la Libye et le Soudan. De plus, la coopération des populations, les réseaux de renseignement de la police et surtout l’exploitation judicieuse de certaines grosses prises de la secte islamiste par les services de sécurité et les forces de défense, ont permis de dénicher plusieurs caches d’armes de Boko Haram sur le territoire camerounais et de démanteler leurs réseaux dormants. 
 
« De nombreux dirigeants de la secte islamiste ont soit été interpellés, soit liquidés à la suite de combats parfois très meurtriers. Le déséquilibre capacitaire qui en a découlé contraint la secte à revenir à l’asymétrie classique, avec notamment l’utilisation d’engins explosifs improvisés et le recours aux attentats suicides », explique Raoul Sumo Tayo. Paul Biya lui-même a eu à saluer cette implication des différentes composantes de la nation dans la lutte contre le terrorisme, à l’occasion de son message de vœux à la nation le 31 décembre 2015 : « Face aux atrocités de Boko Haram, les forces vives de la nation se sont mobilisées pour dire, avec fermeté, NON au terrorisme. Mieux encore, elles participent à l’effort de guerre, par leurs contributions financières ou matérielles. Cette grande mobilisation des uns et des autres a donné une résonance particulière à notre stratégie de défense populaire. Armée et Nation font bloc pour préserver notre territoire et notre souveraineté. » 
 
Aujourd’hui, même s’ils infiltrent des villages pour tenter de poser les bombes, les hommes de Boko Haram sont surtout devenus des cibles, traquées par les membres des comités de vigilance, et gardés à l’œil par l’armée, qui possède un dispositif de surveillance satellitaire et ainsi que des drones fournis par les États-Unis. 
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