mars 2017

Jean-Marie Ackah «Entretenir la complémentarité de nos compétences avec celles des investisseurs étrangers»

Par DOUNIA BEN MOHAMED
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Le patron des patrons, à la tête de la Confédération générale des entreprises (CGECI), lui-même entrepreneur dans l’agro-industrie, souligne les avantages compétitifs du « made in Côte d’Ivoire ».

AM : Comment le secteur privé peut-il participer à apporter des réponses en matière de création d’emploi ?
 
Jean-Marie Ackah : Un début de réponse serait de renforcer l’inclusivité de la croissance par une meilleure participation des entreprises locales à cette dynamique économique, en particulier par la sous-traitance, et une sollicitation plus étendue des PME locales. Cela pourrait également se traduire dans le cadre du financement de la commande publique par la réservation de marchés aux PME via la fixation d’un quota ou l’introduction d’une marge de préférence pour la sous-traitance locale, etc. Il faut également favoriser l’éclosion et le renforcement de grands groupes ivoiriens, en vue de faciliter l’émergence de capitaines d’industrie locaux, voire régionaux. Grâce à ces mesures et à bien d’autres, on crée les conditions pour des PME plus performantes, capables de générer plus de valeur ajoutée et d’employer plus de personnes.
 
De plus en plus de multinationales s’installent, dans de nouveaux secteurs… De nouvelles opportunités pour les sociétés locales ?
 
C’est le fruit d’une traditionnelle culture d’ouverture de la Côte d’Ivoire, renforcée par une amélioration continue de l’environnement des affaires, un code général des investissements très avantageux et plusieurs codes d’investissements sectoriels, notamment dans les mines et l’énergie. En investissant en Côte d’Ivoire, vous prenez également une option pour l’extension de vos activités à l’ensemble de la sous-région, et aux zones UEMOA et Cedeao, qui représentent un marché de près de 300 millions d’habitants. C’est également, et il est utile de le souligner, le fruit de la compétence avérée des entreprises locales, qui sont capables d’accompagner des entreprises étrangères non seulement dans le cadre d’une collaboration gagnant-gagnant en sous-traitant, mais également dans des projets de joint-venture d’envergure, notamment dans le BTP, les NTIC, les services financiers et l’agro-industrie.
 
Les acteurs locaux se plaignent souvent de la concurrence que leur font les multinationales, privilégiées à plus d’un titre. Comment faire en sorte qu’ils profitent de leur présence plus qu’ils ne la subissent ?
 
Il s’agit d’entretenir la complémentarité de nos compétences avec celles des entreprises et investisseurs étrangers, et non de mener une campagne tendant à nous opposer. Il faut donc privilégier un certain équilibre. Cet équilibre se construira au travers des cadres de coopération qui mettront en exergue la sous-traitance, la cotraitance et les cas de joint-venture entre nos entreprises locales et tout investisseur étranger.
 
Pour finir, comment voyez-vous l’avenir de la Côte d’Ivoire, à court et à long terme ?
 
Radieux ! À condition que nous sachions optimiser toutes les potentialités de notre pays, en jouant encore plus notre rôle de hub économique dans la sous-région, développant ainsi une véritable culture d’exportation en son sein. La Côte d’Ivoire présente des atouts de développement sérieux, qui lui ont permis de se doter de bases solides, et qui ont fait leurs preuves au lendemain de la crise de 2011.
 
Il faut consolider ces bases, en intensifiant les efforts d’amélioration de l’environnement des affaires, et en le stabilisant, pour qu’il joue son rôle de moteur pour l’attractivité du territoire. Il convient aussi d’accélérer le processus de transformation industrielle, qui apportera un souffle nécessaire et vital pour l’éclosion réelle et définitive de notre économie. Comment faire en sorte que nous passions d’une étape de production peu transformée à une étape de seconde transformation, voire d’industrialisation massive de notre économie ? C’est, je pense, l’une des clés du devenir de ce pays.
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