juin 2018

L’eau : défi existentiel

Par Cherif Ouazani
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Coopération avec l’Éthiopie, usine de dessalement d’eau de mer, investissements massifs dans les réseaux : Djibouti mène une politique volontariste pour remédier à la faiblesse de ses ressources hydriques.
 
Avec une température moyenne de plus de 30° C et des précipitations annuelles d’à peine 120 mm, Djibouti vit, depuis la nuit des temps, un stress hydrique permanent. La sédentarisation de la population nomade provoquant une urbanisation effrénée, couplée à une importante croissance démographique a provoqué une surexploitation de la nappe phréatique d’Ambouli, dans la périphérie de Djibouti-ville. Cependant, les 40 000 m3 que pompaient les dizaines de forages de la capitale ne couvraient plus les besoins des ménages, estimés à 80 000 m3. La modestie des capacités hydrauliques constituait un obstacle rédhibitoire à tout projet d’industrialisation du pays. Comment étancher la soif et rêver de développement économique quand il pleut si peu ? « En s’appuyant sur ce voisin qu’est l’Éthiopie, répond Mohamed Ahmed Awaleh, ministre de l’Agriculture chargé des ressources hydrauliques, véritable château d’eau de l’Afrique de l’Est avec ses quatorze fleuves et rivières. » Frontalier de Djibouti, le plateau du Harrar et ses milliards de m3 de réserve en eaux souterraines, est une véritable bénédiction de la nature. L’Éthiopie, partenaire privilégiée, décide d’en extraire quotidiennement 100 000 m3 et de  les offrir gratuitement à Djibouti. Le projet transfrontalier d’adduction d’eau potable est achevé en 2017 grâce à un financement d’Exim Bank of China de 327 millions de dollars. Les régions Ali-Sabieh, Dikhil et Arta bénéficient chacune d’un peu plus de 6 000 m3 par jour. Le reste, 80 000 m3, est réservé à la capitale.
Par ailleurs, le consortium francoespagnol Eiffage-Tedagua réalise une usine de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 45 000 m3/jour pour un montant de 63 millions d’euros, financée par l’Union européenne. Les travaux ont été lancés en 2017 pour une entrée en service prévue pour le premier trimestre de 2020.
 
Réhabilitation des infrastructures
Le réseau de distribution vieillissant est réhabilité dans la capitale et dans les chefslieux de région avec la réalisation d’une dizaine de châteaux d’eau et le renouvellement de plus de 600 kilomètres de canalisations, dont 427 pour la seule capitale. Outre l’alimentation en eau potable des centres urbains, le volet assainissement et traitement des eaux usées est une priorité des opérations de mise à niveau des infrastructures. Depuis mars 2014, et la mise en service de la station d’épuration de Douda, plus de 2 200 m3 d’eaux usées sont traités quotidiennement. « Le gouvernement a investi massivement pour le secteur de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement, dit fièrement Mohamed Ahmed Awaleh, pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens et créer les conditions de notre développement. » On dépense sans compter quand on lutte contre la soif.
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