octobre 2018

La septième puissance économique africaine !

Par Christophe Langevin
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Population, fortunes, projets, show-biz… Voici quelques chiffres qui donnent le vertige.

22 millions, c’est le nombre estimé d’habitants aujourd’hui. La ville la plus peuplée d’Afrique subsaharienne devrait compter plus de 40 millions d’habitants en 2050. Elle deviendrait ainsi la troisième plus grande ville du monde. Et on parle du chiffre astronomique de presque 100 millions d’habitants à la fin du siècle… Une partie de la population n’y réside pas en permanence. Des « nordistes », notamment, viennent effectuer à Lagos une partie de l’année des petits boulots (comme du taxi-moto), quand le reste du temps, ils retournent dans leur région d’origine. Chacun des 36 États nigérians peut avoir tendance à gonfler les chiffres de sa population pour bénéficier d’une plus grande part des revenus de cette fédération de près de 200 millions d’habitants.
 
500 000 personnes, c’est le nombre de résidents que prévoit d’accueillir Eko Atlantic, le « Dubaï de l’Afrique », une île artificielle de 10 km2. Ce projet de la famille Chagoury (très influente à Lagos) devrait coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars. À terme, le barrage qui protège Eko Atlantic et Victoria Island (le quartier des affaires) devrait faire plus de 8 kilomètres. Entamé en 2008, ce projet pharaonique avance moins vite que prévu, mais des immeubles sont d’ores et déjà achevés. 
 
96 % des Lagotiens sont alphabétisés, contre à peine 10 % dans certains États du nord. 
 
5000 dollars, c’est le revenu annuel par habitant de Lagos. Un record pour le Nigeria. 
 
12 milliards de dollars, c’est la fortune estimée par Forbes d’Aliko Dangote : l’homme le plus riche d’Afrique réside à Lagos depuis plusieurs décennies.
 
18 milliards de dollars, c’est ce que devrait coûter le projet industriel d’Aliko Dangote dans le quartier nouveau de Lekki. Il s’agit d’abord de construire la plus grande raffinerie de pétrole du continent (qui devrait être achevée en 2019) et une unité de production d’engrais. 
 
1,5 milliard de dollars, c’est la fortune de la Lagotienne Folorunsho Alakija, la deuxième femme africaine la plus riche après l’Angolaise Isabel dos Santos. Elle a bâti sa fortune dans le secteur pétrolier, puis a diversifié ses investissements, notamment dans le domaine de la mode. 
 
7 000, c’est le nombre de millionnaires en dollars que compterait la ville.
 
90 milliards de dollars, c’était le PIB de Lagos en 2014. Si la ville était un État indépendant, elle aurait constitué cette année-là la 7e économie du continent. Selon le service économique de l’ambassade de France, ce PIB oscille désormais entre 90 et 100 milliards de dollars, soit plus que les PIB du Cameroun, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire réunis – en 2016, d’après la Banque mondiale, le PIB du Cameroun était de 24 milliards de dollars, celui de la Côte d’Ivoire de 36 milliards de dollars et celui du Sénégal de 14 milliards de dollars. 
 
35,6 % du PIB nigérian est produit par Lagos, selon une étude réalisée en 2010 par le bureau de statistiques de la ville. 
 
2 000, c’est le nombre de films produits chaque année par Nollywood, tournés en grande majorité à Lagos, même si une partie d’entre eux l’est aussi dans l’est du Nigeria. Mais la production de qualité est essentiellement réalisée dans la cité.
 
1 million de dollars, c’est ce qu’a rapporté au box-office nigérian The Wedding Party, trois semaines seulement après sa sortie à Lagos en décembre 2016. C’est la première fois qu’une production locale arrive à faire mieux qu’une superproduction américaine. À ce jour, c’est le plus gros succès du cinéma nigérian. 
 
10 millions de dollars, c’était le budget d’Half of A Yellow Sun, adaptation du roman éponyme de Chimamanda Ngozi Adichie (sorti sous le titre L’Autre Moitié du soleil en France) tournée en 2015 par le réalisateur lagotien Biyi Bandele. C’est le plus gros budget pour un film nigérian.
 
1 million, c’est le nombre de personnes qui travailleraient selon l’État de Lagos pour l’industrie du cinéma et du divertissement dans la ville.
 
124 kilomètres, c’est la distance qui sépare Lagos de Cotonou (ce qui représente tout de même plus ou moins quatre heures de trajet…). Pour beaucoup de Lagotiens, la capitale économique du Bénin représente un havre de paix à portée de route : « Quand on passe, enfin, la frontière, on a la sensation de s’éloigner du chaos et de retrouver un semblant d’ordre, de paix, de quiétude… »
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