mars 2017
Forum Attijariwafa

Le continent veut rester positif

Par Estelle MAUSSION
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Quelque 2000 participants, plus de 4000 rendez-vous B to B, des signatures d’accords. Dans un contexte économique difficile, le forum organisé par le groupe bancaire marocain Attijariwafa bank, les 16 et 17 mars à Casablanca, a fait souffler un vent d’optimisme.
 
« L’Afrique reste un espoir pour la croissance mondiale. » Tel était le message envoyé par le patron d'Attijariwafa bank, Mohamed el-Kettani, lors de la 5e édition du Forum international Afrique développement. Organisé par son groupe pendant deux jours dans la capitale économique marocaine, l’événement a rassemblé représentants gouvernementaux, opérateurs économiques privés et investisseurs de plus de 30 pays africains. Malgré la chute du cours des matières premières, les incertitudes politico-sécuritaires et la résurgence des tentations protectionnistes au niveau planétaire, le PDG du géant bancaire, dont l’actionnaire principal est la holding royale SNI (Société nationale d’investissement), a appelé le continent à croire en lui et à jouer la carte de la cohésion. Une leçon d’enthousiasme largement suivie : l’espace B to B, dédié aux discussions entre entreprises, a fourmillé durant deux jours.
 
Le forum, dont la première édition a eu lieu en 2010, est mis en œuvre par le Club Afrique développement du groupe Attijariwafa bank et appuie les ambitions continentales du royaume marocain dans le cadre de la promotion d'une coopération sud-sud. Présent dans 25 pays et employant 18 000 salariés, Attijariwafa a publié des résultats 2016 en hausse par rapport à l'an dernier, avec un produit net bancaire en progression de 3,6%, à 19,7 milliards de dirhams.
 
La contraction de l'activité en Afrique centrale a été contrebalancée par les bonnes performances en Tunisie et dans la zone UEMOA (Union économique et Monétaire Ouest Africaine). Le groupe poursuit sa politique d'expansion: il vient de racheter la filiale égyptienne du Britannique Barclays et a conclu un accord pour acquérir une participation majoritaire dans la Cogebanque au Rwanda, ce qui lui ouvre la voie de l'Afrique de l'Est anglophone. Il a par ailleurs annoncé l'ouverture d'une filiale au Tchad dans le courant de l'année.
 
Roch Marc Christian Kaboré, le président du Burkina-Faso, pays invité d’honneur du forum, a lui aussi délivré un message positif. Saluant le « retour du Maroc dans la maison Afrique », depuis sa réintégration en début d’année au sein de l’Union africaine, le chef d’Etat burkinabé a mis en avant un continent « qui gagne », « décomplexé », porté par un taux de croissance annuel moyen de 5% et qui « doit compter sur lui-même avant tout ». Rappelant les énormes défis à relever - essor démographique, lutte contre la pauvreté, intégration continentale, notamment - il a plaidé pour une alliance entre acteurs privés et publics ainsi que pour un développement de zones régionales de libre échange afin de bâtir un « partage équitable des fruits de la croissance ».
 
Outre le Burkina-Faso, qui a adopté un ambitieux plan national de développement économique et social (2016-2020) en mai 2016, six autres pays ont été mis en avant : la République du Congo, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie. « Ma génération cherchait un modèle à copier, un précédent, mais il n’y en a pas. Nous allons devoir inventer notre propre modèle, en nous inspirant de ce qui se fait de mieux en notre sein, au Rwanda, au Maroc, entre autres », a déclaré Lionel Zinsou, patron de PAI Partners, lors de la cérémonie de clôture du forum. Soulignant que l’agriculture représente 25 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, 50 % de sa population active mais seulement 8 % du bilan de la Banque africaine de développement (BAD), il a appelé à un investissement massif dans ce secteur comme moteur du développement.
 
La prochaine édition du forum, en 2018, mettra en avant trois thèmes : les synergies de développement entre Afrique de l’Ouest et de l’Est, la jeunesse et les femmes. Sur ce dernier point, le groupe Attijariwafa a d’ores et déjà annoncé le lancement d’un programme spécifique, baptisé « Stand up for african women entrepreneurs ».
 
 

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