août 2017
APE

Les accords de la discorde

Par Sabine CESSOU
Partage

COMMERCE. Redéfinissant les règles des échanges entre l’Union européenne et le continent africain, les Accords de partenariat économique auraient dû être signés par tous les pays en 2007. Aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas.

APE, trois petites lettres pour de grandes controverses. Ce sigle empoisonne les relations entre l’Afrique et l’Union européenne (UE) ces dernières années. Si la certaine technicité du débat fait qu’il échappe à une partie de l’opinion, dans les couloirs de Bruxelles comme au sein des présidences africaines, les négociations, prises de bec et bras de fer vont bon train.

D’un côté, il y a les détracteurs de ces Accords de partenariat économique, qui dénoncent une menace, un piège, voire un nouveau « baiser de la mort de l’Europe à l’Afrique ». De l’autre, on retrouve les défenseurs et promoteurs de ces APE présentés comme une modernisation nécessaire et même la seule façon de mettre les relations commerciales Afrique-Europe en conformité avec les règles internationales de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais de quoi parle-t-on ?

Les APE sont la dernière version des accords de libre-échange régissant les relations commerciales entre l’Afrique et l’UE. Ils sont issus d’une longue lignée d’accords, débutée avec l’adoption de la convention de Lomé de 1975, suivie notamment de l’accord de Cotonou, entré en vigueur en juin 2000.

EXIGENCES DE L’OMC

À partir de 2002, les deux camps ont relancé les négociations en vue d’adopter de nouveaux accords, les APE. Dans un premier temps, ces textes octroyaient aux produits des 76 pays de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) un accès préférentiel au marché européen. Dans un second temps, ils prévoyaient la négociation d’accords par blocs sous-régionaux afin d’établir, à partir de 2008, un libre-échange réciproque. Il s’agissait ainsi de répondre aux exigences de l’OMC.

En clair, comme les produits du continent entrent en zone UE sans être soumis à des droits de douane, les exportations européennes de biens arriveraient en Afrique exemptées de taxation. Conçus comme des outils de développement, les APE correspondent à un slogan en vogue dans les années 2000 – « Trade, not aid » – et visent à créer des blocs régionaux africains forts tout en renforçant les relations entre l’UE et les pays ACP face à la concurrence croissance de l’Asie. L’UE, elle, les voit comme un moyen de rétablir une concurrence loyale entre les bananes africaine et latino-américaine, qui ne sont pas favorisées de la même manière sur ses propres marchés, par exemple.

(...)

RETROUVEZ L'INTÉGRALITÉ DE CET ARTICLE AINSI QUE L'INTERVIEW DU CÉLÈBRE ÉCONOMISTE OUGANDAIS YASH TANDON  DANS LE DERNIER AMB, EN KIOSQUE !

Partage
À lire aussi dans AM BUSINESS
AM BUSINESS Moyen-Orient Iran : le réveil contrarié
AM BUSINESS Économie Les quatre ouvrages du moment à ne pas rater
AM BUSINESS Portrait Pierre Thiam : un chef sénégalais à New York
AM BUSINESS Maroc - groupe BCP Kamal Mokdad : « Nous avons les moyens de nos ambitions »

Suivez-nous