août 2017

Les super-héros ne sont pas tous blancs !

Par Régis DUBOIS
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Sauveurs de l’humanité ou méchants impitoyables, dotés de pouvoirs surnaturels, ils (et elles) peuplent l’univers des comics, ces bandes dessinées américaines emblématiques. À partir des années 70, apparaissent des personnages « de couleur », en prise avec l’évolution de la société. Voici le dernier né en date : Black Panther, roi du Wakanda, et premier surhomme africain de fiction, héros d’un film qui sortira en salles en février 2018.
 
Les fans trépignaient depuis quatre ans. Quand allait-on enfin voir sur grand écran les aventures de T’Challa, alias Black Panther, le super-héros 100 % africain de Marvel ? D’autant que le film, réalisé par le jeune prodige Ryan Coogler (Creed : l’héritage de Rocky Balboa), s’appuie sur un casting éloquent : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Forest Whitaker… L’annonce de la date de sa sortie en salles en février 2018 a ravi les impatients : la première bande-annonce officielle a été vue plus de 30 millions de fois, laissant présager un carton au box-office.
 
À l’origine, Black Panther est le premier super-héros noir de l’histoire des comics. Il fut créé par les légendaires Stan Lee et Jack Kirby, ceux-là mêmes qui avaient donné naissance au début des années 60 aux Quatre Fantastiques, Spider-Man, Hulk, Iron Man ou encore les X-Men. Vraisemblablement influencés par la lutte pour les droits civiques qui battait alors son plein aux États-Unis et par l’émergence du Black Power (lire pages suivantes), ils créent en juillet 1966 un super-héros baptisé T’Challa, roi du Wakanda, un pays africain à la pointe de la science et, en secret, l’un des plus puissants au monde. Cette création a-t-elle influencé le choix du nom du mouvement politique radical des droits civiques ? C’est en effet seulement en octobre 1966, soit trois mois plus tard, que le Black Panther Party est officiellement créé en Californie par Bobby Seale, obligeant, pendant un temps, les scénaristes à rebaptiser T’Challa en… Black Leopard.
 
Par la suite, chez Marvel Comics, suivront de nombreux autres super-héros noirs dont les plus illustres se nomment Le Faucon (1969), Luke Cage (1972), Blade (1973), Tornade (1975), Black Lightning (1977)… Au fil des ans, la figure du super-héros black se banalise dans les comics et l’on en compte aujourd’hui quelque 500, auxquels il faut ajouter quelque 150 super-vilains. Fait nouveau : des Afro-Américains remplacent même désormais de mythiques personnages blancs, comme Spider-Man, devenu métis en la personne du Latino-Africain Miles Morales. Ou encore le mythique Captain America qui, privé de ses pouvoirs, a depuis légué son costume à son ami, le black new-yorkais Samuel Wilson.
 
LES SUPER-HÉROS (BLANCS) AU CINÉMA, DE CAPTAIN MARVEL AUX AVENGERS 
 
Sur grand écran, les premiers super-héros, blancs forcément, apparaissent au cinéma dès les années 40 sous la forme de serials, les ancêtres des séries télévisées. Ce fut d’abord Les Aventures du Captain Marvel (1941), suivies de celles de Batman (1943), Captain America (1944) et Superman (1948)… Disons-le, ces courts-métrages de série B ont bien mal vieilli, à l’image de leurs interprètes bedonnants, comiques malgré eux dans leurs collants moulants et disgracieux. Les serials passés de mode, les super-héros disparaissent durant les années 50-70 pour ne réapparaître sur grand écran qu’à l’aube des années 80 avec le flamboyant Superman (1978) interprété par feu Christopher Reeve, bientôt suivi du crépusculaire Batman (1986) de Tim Burton avec Michael Keaton. 
 
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Lisez l'intégralité de cet article dans le numéro 371 d'Afrique Magazine. EN KIOSQUE !
 
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