avril 2016

LOISIRS, C’EST QUOI ?

Par Emmanuelle PONTIÉ
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Un dimanche à Bamako ? Allez, idem à Libreville, Yaoundé, Kinshasa, Brazzaville, et même Cotonou, Lomé, Lagos, etc. Regardez bien. Les économies s’activent dans les services, le BTP, les grands travaux, les transports, voire l’agriculture, à la suite des volontés de diversification tous azimuts après la chute du cours du baril. Mais l’immense secteur des loisirs est totalement inexistant, inexploité, oublié. C’est quand même curieux. Pour adultes comme pour enfants. Et pourtant, ces derniers sont légion dans les grandes familles locales. Eh bien, sorti de la piscine de l’hôtel ou d’une vague salle de sports, wallou. Les week-ends, on les passe à jouer sur ses Game Boy ou à assister éventuellement à l’anniversaire du copain à coups de verres de Champomy. Aucun parc de loisirs, maison fantôme, chenille marrante, minigolf, piste de vélo, trial ou autre quad. Aucune plage aménagée, zéro club de surf, de plongée sous-marine, de Jet-Ski, de planche à voile, ni même de pédalo, voire de balade en pirogue ! C’est quand même dingue ! Rien pour les petits fanfans. À l’image des parents, d’ailleurs. On sait bien que les touristes en mal de trampoline ne se bousculent pas au portillon en zone subsaharienne, mais il y a quand même des citoyens qui ont peut-être envie de faire autre chose que de bosser et dormir, non ? La seule activité vaguement « détente », c’est le jogging et les massages. Ouaouh ! Ça ou rien… Côté culture, c’est encore le grand désert des Tartares. Passons sur les salles de cinéma, qui, en gros, ont toutes fermé. Les galeries et musées, que l’on compte sur les doigts d’une main en Afrique francophone, et pratiquement inexistants dans les pays à pétrole, sont désertés, souvent à l’abandon. Pire, le théâtre ou la danse, dont on nous a assez rebattu les oreilles en assurant qu’ils étaient typiquement africains, dans la droite lignée de la tradition orale et blablabla… Sinistrés là encore. Alors, je ne pige pas. Est-ce un désintérêt généralisé des Africains pour les loisirs et la culture ? Est-ce un manque cruel d’idées des opérateurs économico-culturels ? Sommes-nous ici dans des contrées où la détente, le farniente ou le « cultiver son jardin » ne sont définitivement pas à la mode ? Sans explication pour autant face aux questions ci-dessus, il faut juste rappeler que cet immense secteur to-ta-le-ment vierge pourrait être un super-domaine à investir. Quelques Jet-Skis en bord de mer de Libreville, des barques sur le lac de Yaoundé, un écran ciné géant place de l’Indépendance à N’Djamena ou un manège en bord de mer de Lomé ? Autant d’initiatives qui pourraient accessoirement donner du boulot à de jeunes entrepreneurs en mal de bonnes idées pour dribbler le chômage. Bon, après, moi je dis ça, je dis rien…

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