février 2016

QUOTIDIEN COURAGE

Par Emmanuelle PONTIÉ
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L’année 2016 a commencé sous un jour nouveau. Avec une prise de conscience mondiale d’un avenir qui devra intégrer la menace terroriste au quotidien.  Surmédiatisée à la suite d’attentats survenus en rafale dans des pays riches, en France, aux États-Unis, et qui s’intensifient dans le monde, notamment sur le continent africain, celle-ci change les habitudes de vie. Passons sur la prudence qui s’installe dans l’esprit des uns et des autres, qui se méfient des endroits sensibles, des rassemblements de foule, des aéroports, voire des hôtels trop fréquentés et des terrasses à la mode. Passons aussi sur les tristes montées de xénophobie envers les communautés musulmanes, les migrants ou tous ceux qui incarnent un danger virtuel et imaginaire. Chacun a beau clamer qu’il ne faut pas flancher, que l’on doit continuer à avancer, travailler, voyager, sortir, personne ne peut nier que l’ambiance est lourde. Et dans le même temps, en cette période de déstabilisation généralisée, des hommes et des femmes se révèlent incroyablement humains,  courageux, héroïques. Véritables remparts contre la folie extrémiste kamikaze. Au fin fond de villages africains oubliés des médias, et harcelées au quotidien par les assauts de terroristes, les populations souvent pauvres et analphabètes luttent au jour le jour, montent des comités de vigilance, donnent l’alerte à chaque passage d’un personnage suspect. Un jeune homme mototaxi dans la région du Nord du Cameroun a transporté une femme kamikaze, qu’il avait repérée à son paquetage étrange rempli de bouteilles de produits louches, direct au poste de gendarmerie le plus proche, sans éveiller ses soupçons. Et grâce à lui, une des attaques meurtrières planifiées par la secte Boko Haram dans les environs a pu être évitée. L’un des gardiens de l’hôtel Radisson, pris d’assaut en plein Bamako par un commando d’Aqmi, a pu faire évader de nombreux otages, avant même de penser à sauver sa propre peau… À Maroua, Bamako, Ouaga et partout ailleurs, des destins de héros se révèlent chez des anonymes. Ils ne parlent pas à la télé ni dans les grands magazines, mais leurs actes de tous les jours ou leur réaction courageuse dans une situation désespérée méritent d’être soulignés, remerciés. Au-delà de la « bonne action » personnelle. Tous ces faits mis bout à bout incarnent une puissante forme de résistance et de résilience face au terrorisme et au chaos mental  qu’il cherche à imposer. Bravo.

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