novembre 2018

Renforcer la lutte contre la corruption

Par François BAMBOU
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Malgré les sanctions déjà prises contre des détourneurs de fonds publics, le chef de l’État s’est engagé à monter d’un cran dans la traque des contrevenants.
 
«Je m’engage à renforcer la lutte contre la corruption et le détournement des biens publics, ainsi que la moralisation des comportements. » Cette séquence de la profession de foi du candidat Paul Biya lors de la dernière élection présidentielle a dû marquer les esprits, tant l’intransigeance du chef de l’État du Cameroun a été remarquée ces dernières années sur ce sujet. Il n’hésite pas à faire juger et au besoin à emprisonner les responsables publics coupables de corruption. Quelques hauts dignitaires de l’appareil étatique se sont ainsi retrouvés derrière les barreaux, y compris d’ex-proches collaborateurs du chef de l’État, condamnés pour détournements de fonds publics.
Le principal instrument de lutte contre la corruption est la Commission nationale anti-corruption (Conac), un organisme public indépendant créé en 2007 et placé sous l’autorité du président de la République. Sa mission est de suivre et d’évaluer l’application effective du plan gouvernemental de lutte contre la corruption puis de recueillir, de centraliser et d’exploiter les dénonciations et informations dont elle est saisie pour des cas flagrants, et même, au besoin, d’investiguer et de procéder, le cas échéant, au contrôle physique de l’exécution des projets, ainsi qu’à l’évaluation des conditions de passation des marchés publics. La publication du rapport annuel de cette instance est toujours un grand moment de la vie nationale, car le document révèle de nombreuses dénonciations de cas de distraction de fonds publics. Parallèlement à ces opérations de lutte, la commission présidée par le révérend pasteur Dieudonné Massi Gams oeuvre à la prévention en vulgarisant les textes sur la lutte contre la corruption et en identifiant les causes du phénomène afin de proposer des mesures. L’institution, qui a déjà sauvé 200 milliards de francs CFA, estime que son portefeuille d’investigation en cours porte sur près de 1 000 milliards. Dans l’ensemble, la population s’adresse de plus en plus à elle, puisque les dénonciations sont passées de 227 en 2008 à 4 000 en dix ans, et les appels sur la ligne verte par les victimes sont montés à 100 par jour en moyenne. À tout cela s’ajoute le Programme national d’éducation à l’intégrité (PNEI) qui, explique Dieudonné Massi Gams, « jette les bases d’une société camerounaise pétrie d’intégrité et donc respectueuse des valeurs éthiques, morales et républicaines. D’où l’institution des clubs d’intégrité dans les universités, lycées et collèges. Inculquer à la jeunesse les valeurs d’intégrité est l’un des moyens sûrs de sacraliser la fortune publique ». Sur le plan judiciaire, le tribunal criminel spécial mis en place en décembre 2011 pour juger des cas de corruption grave portant sur des sommes de plus de 50 millions de francs CFA est monté en régime. Le bilan de cette instance spéciale créée pour « apporter plus d’efficacité et de rapidité » dans les procédures et « éradiquer les lenteurs et les dysfonctionnements observés » est révélateur de son efficacité.
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