avril 2018

Robert Beugré Mambé
« Renforcer les infrastructures »

Par Emmanuelle Pontié
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Ministre auprès du président de la République chargé des VIIIe Jeux de la Francophonie, gouverneur du district autonome d’Abidjan.
 
AM : Quel est le rôle du district autonome d’Abidjan ? Robert Beugré Mambé : C’est un espace économique, politique et social qui regroupe la moitié de la population urbaine de Côte d’Ivoire et le tiers de la population nationale. Du point de vue électoral, son poids est d’environ 25 à 30 % du pays. Et du point de vue économique, 80 % de la capacité industrielle du pays est regroupée à la capitale. Le district d’Abidjan possède une superficie de 2 000 km2 pour une population qui varie autour de 5 millions, répartie sur 10 communes intramuros et 3 périphériques.
 
Quel est votre budget et comment est-il réparti ?
Il est financé de trois manières. La plus grande partie du budget vient des recettes affectées par l’État et votées dans la loi des finances. Une autre partie est issue de nos revenus propres, à travers la collecte de taxes. Notre troisième source de financement provient des soutiens de l’État dans le cadre d’activités spécifiques. Nous bénéficions à la fois de l’autonomie de gestion d’une entité décentralisée et de l’accompagnement gouvernemental pour les activités propres à une entité déconcentrée. Notre budget pour 2018 est de 36 milliards de francs CFA, mais peut augmenter en cours d’année en fonction des réalités rencontrées sur le terrain. 
 
Vous en êtes à votre deuxième mandat. Qu’avez-vous réalisé et quels sont les projets en cours ? 
Nous avons construit des écoles primaires et des collèges, des ouvrages d’adduction d’eau dans les communes périphériques et certains quartiers. De grands travaux routiers portant sur plus de 102 kilomètres sont en cours, dont beaucoup ont été livrés. Le développement du transport lagunaire avance. Et le grand projet de métro est lancé, qui devrait voir le jour autour de 2021. Nous gérons par ailleurs des programmes d’aide aux femmes. Et soutenons aussi les jeunes élites et leurs projets, financés par le district à travers le Prix Alassane Ouattara des jeunes entrepreneurs émergents. 
 
Les Abidjanais ont-ils des attentes particulières ? 
Parmi les problèmes que nous devons résoudre en priorité, on peut citer celui du transport. Il faut renforcer les infrastructures capables de fluidifier les trajets quotidiens des citoyens. L’autre chantier, c’est le logement. Avec un taux de croissance d’environ 4 %, 200 000 personnes supplémentaires par an sont à prendre en charge. La taille des ménages varie entre 5 et 10 personnes. Cela induit des besoins en logements de 20 000 à 30 000 unités par an. Nous devons aussi offrir à la population le maximum d’espaces pour qu’elle puisse évoluer dans un cadre de vie agréable. Notre capitale accueille un tourisme d’affaires de masse. Nous possédons le 2e port à containers du continent sur la côte Atlantique, après Durban en Afrique du Sud. L’aéroport d’Abidjan accueille plus d’une vingtaine de compagnies, et affiche un trafic de plus de 2 millions de passagers par an. Et il y a une volonté politique affichée de faire venir des grandes entreprises pour offrir de nombreux emplois à la jeunesse. 
 
Votre avis personnel sur la Côte d’Ivoire aujourd’hui ? 
Notre pays a connu des taux de croissance qui oscillent entre 8,5 et 9 % depuis 2012. Nous aurons certainement la chance d’accéder à l’émergence d’ici 2020, 2021. Les indicateurs du FMI le montrent. Bien sûr, nous devons poursuivre nos efforts. Et de ce point de vue, beaucoup d’innovations sont en cours sous l’impulsion du chef de l’État, au plan du numérique, de la gestion de la protection civile, du développement humain pour améliorer le fameux indice IDH.
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