janvier 2018

TOGO : 2018 OU… 2020 ?

Par DOUNIA BEN MOHAMED
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Jeudi 7 décembre 2017. La nouvelle manifestation de la coalition qui regroupe 14 mouvements de l’opposition a été annulée, pour des raisons religieuses. Le précédent rassemblement, le 2 décembre, avait tourné à l’affrontement entre les forces de l’ordre et les partisans du départ de Faure Gnassingbé, président de la République depuis février 2005. Et ayant lui-même succédé à son père, chef tout-puissant du pays pendant trente-huit ans… Si le prochain rendez-vous électoral n’est prévu qu’en 2020, une partie de la population ne souhaite pas s’en tenir au calendrier officiel, contestant dans la rue et depuis des mois cette présidence familiale, qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Dans les coulisses de la Cédéao, les homologues de la sous-région seraient divisés sur la question du maintien de Faure Gnassingbé, alors même qu’il assure la présidence de l’institution régionale. Un paradoxe ? Il y en a d’autres pour ce petit pays d’Afrique de l’Ouest d’un peu plus de 7 millions d’âmes, qui affiche une croissance supérieure à 5 % depuis plus de cinq ans. Une dynamique économique portée par des réformes saluées par les institutions internationales en termes de développement des infrastructures économiques, l’assainissement des finances publiques et du climat des affaires, etc.
Le Togo occupe la deuxième place parmi les meilleurs pays réformateurs selon l’indice 2017 sur la bonne gouvernance en Afrique de la très respectable fondation Mo Ibrahim, qui souligne des « bonds remarquables ».
Et pourtant… les bonnes notes à l’extérieur tranchent avec l’impopularité du dirigeant togolais et du système qu’il incarne. Malgré les promesses de réformes politiques et d’apaisement. Un membre du patronat local résume : « Au Togo, c’est devenu une question de personne. Quels que soient les progrès enregistrés, ce que tout le monde admet aujourd’hui. C’est dommage. Il faudrait se concentrer sur le développement économique. Et qui dit que ces hommes politiques qui font des promesses aux jeunes pour les faire descendre dans la rue les tiendront une fois au pouvoir ? »
2018 sera donc une année cruciale pour le Togo. Soit la revendication politique et sociale s’apaise par le dialogue qui a été amorcé entre le gouvernement et la coalition de l’opposition. Soit elle prend de l’ampleur avec toute sorte de scénarios possibles. Seul point évident pour les partenaires du pays : le risque macroéconomique induit par une période de tensions durable.
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