juillet 2017

TOURNONS LE DOS À DONALD

Par Emmanuelle PONTIÉ
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Et voilà, c’est fait. Les Iraniens, les Libyens, les Somaliens, les Soudanais, les Syriens et les Yéménites n’iront plus visiter la statue de la Liberté.

Papy Trump a fait passer son décret. J’entends déjà chez certains hauts cadres africains, issus de contrées rodées aux méthodes rudes et expéditives, des cris d’approbation. En gros : « Si on ne veut plus d’immigrés terroristes, c’est ce qu’il faut faire ! » Idem chez les électeurs frenchs férus des thèses Marine et déçus de la défaite de leur championne toutes catégories des solutions à l’emporte- pièce.

Alors bien sûr, les ressortissants des pays bannis qui ont un « très » proche parent chez l’oncle Sam (un mari par exemple, mais pas une grandmère, allez savoir…) pourront rentrer. Pareil s’ils ont un contrat de travail (bonne nuit pour qu’une boîte américaine les choisisse pour un boulot…). Par contre, le vrai terroriste qui a une double nationalité, disons un Franco-Syrien qui a envie de se faire exploser au pied de la Trump Tower, par exemple, lui, il peut éventuellement entrer… Inutile de préciser qu’au-delà de l’humiliation pour les étrangers concernés et de la démonstration de force pathétique de Donald, la solution qui consiste à fermer ses frontières pour lutter contre les kamikazes est absurde. L’auto- radicalisation, y compris chez des 100 % Américains, est impossible à prévoir et enrayer…

Pas la peine de parler ici de l’importance bénéfique des flux intellectuels, culturels, économiques dans le monde, bla, bla, bla… On passe alors pour des Bisounours à côté de la plaque pour certains. Par contre, j’espère bien que les nations concernées par ces méthodes de discrimination globale, vont aussi interdire l’entrée des Américains chez eux, au moins un temps, juste pour marquer le coup ? Après, on peut aussi dire que les États-Unis de Donald, on se passera bien de les visiter tant qu’il est en place et que ses « grands » électeurs ne se mordent pas encore les doigts d’avoir voté pour lui. On se passera donc d’aller arborer des oreilles de Mickey à Disney World, de se goinfrer de malbouffe qui rend obèse, d’aller se pavaner à cheval dans des réserves d’Indiens coiffés d’un Stetson à la JR, de rapporter des ridicules boules de verre où la neige tombe sur l’Empire State Building…

Et on évitera aussi de se faire choper par un égaré du Ku Klux Klan, le sinistre mouvement qui a repris du poil de la bête. Ou encore, de se faire menotter à tout bout de champ par des flics à gros bras, qui multiplient les délits de faciès. Car c’est aussi ça, l’Amérique. Cette terre où finalement, on n’a plus vraiment envie d’aller depuis ce triste matin du 20 janvier dernier. Depuis qu’un grand peuple a décidé de tourner le dos au monde en jouant la carte Trump.

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