octobre 2016
L'aventure commence...

Tous avec les Lionnes !

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 À la veille de cette CAN, tout un pays s’active pour peaufiner les derniers détails. Et faire que l’événement reste dans les mémoires.  

Charlotte Dipanda est fière. Chanteuse à succès, considérée comme l’une des meilleures voix du Cameroun, elle a été choisie pour chanter, en français, l’hymne de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine qui se joue en ce mois de novembre 2016. La version anglaise de cet hymne sera exécutée, elle, par Richard Kings, autre virtuose national. La mélodie, qui va rythmer les deux semaines de joutes avec les sept autres équipes africaines qualifiées*, a été dévoilée au public le 5 août dernier. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le pays des Lions indomptables n’avait plus accueilli cette épreuve – la plus prestigieuse du continent – depuis 1972, année qui avait vu s’imposer le Congo devant le Mali, le Cameroun montant alors sur la troisième marche du podium après avoir dominé le Zaïre (5-2).

L’engouement suscité par cet événement témoigne de la ferveur animant le pays qui a donné tant de légendes au football africain (Roger Milla, Samuel Eto’o, Thomas N’Kono…). Du petit commerçant aux milieux d’affaires, tous perçoivent les opportunités économiques. Spécialisée dans la restauration, Marie-Josée se prépare à ouvrir un stand dans le voisinage du stade omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Avec une nouvelle batterie de cuisine achetée pour l’occasion, elle compte bien tirer son épingle du jeu : « Beaucoup d’étrangers viendront lors de la compétition. Je vais recruter quelques stagiaires, étudiantes dans les filières hôtellerie et restauration. Et je proposerai des spécialités culinaires camerounaises et offrirai un service de qualité. » Les bars et restaurants du stade ont pour la plupart entamé des travaux de rafraîchissement bienvenus. Clovis, gérant d’un hôtel, fait le même constat : « J’ai la chance de ne pas être très loin… Je suis sûr de faire le plein pendant au moins 20 jours. » Si le public sportif et les opérateurs économiques sont emballés, les autorités, elles, se préparent. « Nous mettons tout en oeuvre pour que les villes hôtes des compétitions soient prêtes à accueillir les fans dans les meilleures conditions », confie un cadre du ministère de l’Habitat et de Développement urbain. Pour Jean-Claude Mbwentchou, son ministre de tutelle, l’enjeu consiste à remettre les voies d’accès aux stades et aux centres hospitalisers dans un parfait état, puis à organiser la fluidité des transports en commun. D’abord à Yaoundé et Limbé qui vont accueillir la CAN féminine 2016, puis dans les cinq villes choisies pour la CAN 2019. Pour Limbé, cité balnéaire située à 300 km à l’ouest de la capitale, 17 milliards de francs CFA (près de 26 millions d’euros) ont été décaissés, pour aménager 60 000 m2 de parking et 17,4 km de voie d’accès au stade omnisports flambant neuf, doté d’une capacité d’accueil de 20 000 places.

UN ACCUEIL COMPÉTENT

Afin de s’assurer que le public venu de tout le continent pourra circuler dans la capitale dans de bonnes conditions, c’est la société portugaise Irmaos Mota Construçao de Carroçarias SA qui a été sélectionnée pour organiser le transport. Cet accord, officialisé le 23 août par un communiqué du Premier ministre Philémon Yang, souligne que cette firme a été désignée adjudicataire du contrat de partenariat « pour le financement, la fourniture et l’exploitation d’un système de transport urbain de masse par bus dans la ville de Yaoundé pendant la CAN féminine 2016 et au-delà ». Les activités de cette nouvelle compagnie débuteront, à en croire le chef du gouvernement, avant le 19 novembre, date du coup d’envoi de la CAN féminine.

Même souci d’efficacité dans les secteurs de l’hébergement. La dernière session du Conseil national du tourisme a consacré l’essentiel de ses travaux à l’organisation de l’accueil pendant la Coupe d’Afrique. « Le visiteur de notre pays attend d’être bien reçu non seulement par le sourire mais aussi par la compétence dans l’accueil, dans l’organisation du séjour au Cameroun »,  prévient Maïgari Bello Bouba, le ministre du Tourisme et des Loisirs, qui tient à ce que tous les acteurs de la chaîne soient bien formés dans l’ensemble des métiers de l’hôtellerie, de la restauration ou des loisirs. « Nous avons déjà commencé le programme des séminaires pour les professionnels concernés afin qu’ils soient fin prêts », poursuit-il. Au-delà du renforcement des compétences des opérateurs du secteur hôtelier, l’amélioration qualitative et quantitative de l’offre en hébergement est une autre des préoccupations de M. Bello Bouba, puisque le cahier de charges de la Confédération africaine de football (CAF) se montre exigeant en la matière. Tandis qu’à Yaoundé, les hôtels quatre étoiles de référence ont déjà été identifiés pour abriter les équipes et les délégations officielles, le cas de Limbé a donné du fil à retordre au gouvernement. Mais la question a été résolue. La synergie entre l’État et le secteur privé a ainsi permis la mise à niveau et l’extension de certains hôtels de la cité balnéaire, dont la capacité d’accueil s’avérait insuffisante. À Buéa, capitale de la région du Sud-Ouest située à 32 km de Limbé, deux établissements ont ainsi bénéficié d’extensions ayant permis de doubler leur capacité d’accueil. Un membre des équipes gouvernementales d’inspection de ces travaux indique qu’aux 30 chalets et 50 chambres du Mountain Hotel, l’État a investi pour ajouter 62 chambres de standing quatre étoiles, un centre de fitness, une boîte de nuit et un nouveau restaurant. Même investissement au Parlementarian Flats Hotel où, en plus de la remise à niveau des 30 chambres existantes, l’État finance la construction de 46 autres, toujours de standing quatre étoiles, en plus d’une piscine, d’une salle de sport, et de l’implantation d’un nouveau restaurant. Et d’autres établissements, tel le Chariot Hotel, ont aussi entrepris un toilettage bienvenu.

« Avec le chef du gouvernement, que nous avons accompagné pour l’inspection de ces infrastructures aussi bien sportives qu’hôtelières, nous avons vu que notre pays sera prêt pour novembre 2016. […] Et nous allons continuer à améliorer l’offre pour nous préparer dans la perspective du rendez-vous de la CAN 2019 », se réjouit M. Bello Bouba.  

Concernant la sécurité des visiteurs, même si les compétitions se déroulent bien loin des zones affectées par le terrorisme à l’extrême-nord, la vigilance est de mise, comme le souligne le ministre : « Nous tenons des réunions avec tous les services qui sont concernés. Nous avons adopté une circulaire de la sécurité sur les mesures qui seront désormais obligatoires dans tous les établissements hôteliers, parce que tous nos hôtes veulent s’assurer qu’ils passeront des moments paisibles dans notre pays. Et l’une des recommandations données par le chef du gouvernement, président du Conseil national du tourisme, est que cette circulaire soit d’application immédiate et obligatoire. »

SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Pour s’assurer de l’avancement régulier des travaux, Philémon Yang, Premier ministre et président du Comité national de préparation des CAN 2016 et 2019 (Comip- CAN), visite régulièrement les chantiers, y compris les stades d’entraînement, si bien que les équipes d’ingénieurs et de techniciens qui sont à pied d’oeuvre pour exécuter les travaux ne chôment pas. « Le Premier ministre a bien raison de s’investir personnellement, approuve Yves, enseignant et passionné du football. Nous sommes habitués à ces  entreprises qui gagnent des marchés, les exécutent mal ou ne les exécutent pas du tout, empochent l’agent, et s’en vont. Nous avons trop attendu cette Coupe d’Afrique et le monde nous regarde. Elle ne doit pas nous apporter la honte. » Un souci de perfection partagé par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt : « Les deux rendez-vous sportifs à venir sont des défis d’honneur que notre pays se doit de relever avec panache, quarantequatre ans après la difficile déception vécue en 1972. Les responsables des structures directement concernées par l’organisation des CAN, et tous les Camerounais patriotes, nous devons nous inspirer des erreurs passées, des problèmes qu’ont connus les autres pays qui ont eu à organiser récemment ces grands événements, pour rectifier les actions et efforts relatifs à l’organisation des manifestations programmées. C’est l’honneur de notre pays qui est en jeu, il y va de sa capacité à réaffirmer au sein des pays de la sous-région, de l’Afrique centrale, de toute l’Afrique, au sein de l’opinion internationale, que le Cameroun est un grand pays d’hospitalité, d’unité, de paix, de stabilité, de fraternité. »  

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