août 2018

Trois réalisations majeures

Par François BAMBOU
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Port de Kribi, le plus prometteur de la sous-région
Le 2 mars 2018, le port en eau profonde de Kribi (PAK) accueillait le plus grand bateau de l’histoire du transport maritime du Cameroun. Marquant du même coup la mise en exploitation officielle de cet ouvrage flambant neuf qui offre, avec ses 16 mètres de profondeur, le plus grand tirant d’eau de la région. Le port de Kribi est capable d’accueillir des navires pouvant atteindre 400 mètres de long et transporter quelque 100 000 tonnes de produits. Le PAK est aussi constitué d’un chenal de 200 mètres de large, de 600 mètres de zone d’évitage, de 1 150 mètres de digue, de 615 mètres de quai, de 276 mètres de terminal polyvalent et de 394 mètres de terminal à conteneurs. Avec ces capacités, le port de Kribi a vocation à être complémentaire de celui de Douala, venant pallier les insuffisances de ce dernier, limité jusqu’ici aux navires de 15 000 tonnes et de 6 à 7 mètres de tirant d’eau. Pour les autorités Camerounaises, la construction de ce port marque le début d’une ère nouvelle dans le développement économique du Cameroun, celle des grands projets structurants, intégrateurs et générateurs de croissance, d’emplois et de richesse. Cette plate-forme portuaire va permettre d’accélérer le développement économique, par la création d’industries, le développement urbain, le développement des infrastructures de transports portuaires, routières et ferroviaires, ainsi que des infrastructures énergétiques, de communication et de télécommunications. Le Cameroun va accélérer son industrialisation par la mise en exploitation de ses nombreuses ressources naturelles, telles que le fer et la bauxite, dont les opérations d’importation et d’exportation nécessitent des navires de très grande taille.

Lors du lancement des travaux en octobre 2011, Paul Biya se réjouissait à l’avance des retombées attendues de la construction de ce port : « Ce petit paradis touristique va devenir l’une des grandes ouvertures sur le Golfe de Guinée, pour nous-mêmes mais aussi pour les pays frères que sont le Tchad, la République centrafricaine, le nord de la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo et la République démocratique du Congo. Kribi, vous le savez, est déjà le point d’aboutissement du pipeline Tchad-Cameroun, fleuron de notre coopération avec le pays frère du Nord. Kribi sera demain le grand port en eau profonde de cette partie de notre littoral. C’est de là que nous exporterons nos minerais – fer, cobalt, aluminium, hydrocarbures etc. –, mais aussi les productions agricoles de notre arrière-pays. C’est autour du futur port que se regrouperont nos industries de transformation qui s’approvisionneront en énergie auprès de la centrale à gaz en construction. C’est encore vers Kribi que convergeront les voies ferrées qui transporteront nos minerais, bruts ou transformés », annonçait le chef de l’État.
Sur le site de Mboro, localité située à 30 km au sud de la zone urbaine de la célèbre cité balnéaire, le port général, dont la construction est achevée, comprend plusieurs terminaux, dont un polyvalent et un dédié aux conteneurs. Ce terminal à conteneurs opéré par le consortium franco-chinois Bolloré-CHEC-CMA CGM suite à un appel d’offres, va être agrandi au cours des travaux de la seconde phase, de sorte à doubler sa capacité, qui est actuellement de 1,5 million de tonnes par an, en construisant 350 mètres de nouveaux quais et en installant de nouveaux équipements de manutention.

Wouri, un second pont pour plus de compétitivité 
Fin octobre 2017, les populations de Douala, notamment celles qui traversent quotidiennement le pont qui relie Bonabéri au reste de la ville, vivaient un grand moment : le deuxième pont sur le Wouri, en construction depuis trois ans, était enfin ouvert à la circulation. Une aubaine pour les populations, même si elles devront attendre, pour en tirer tous les bénéfices, l’achèvement des différentes voies de raccordement sur les deux rives. Cet ouvrage soulagera le premier, construit en 1954, et depuis longtemps en surcapacité. « Le pont actuel n’étant plus en mesure d’absorber le trafic en constante augmentation, dans de bonnes conditions, il était devenu urgent d’en construire un deuxième. Il permettra de fluidifier les échanges entre la capitale économique et les régions situées à l’ouest du Wouri. 
Lorsqu’on sait que 80 % des produits alimentaires destinés à Douala traversent le Wouri d’ouest en est, on perçoit la nécessité d’assurer ce transit, sans compter les échanges d’autres marchandises, dans les deux sens, naturellement », indiquait le président Paul Biya, le 14 novembre 2013 lors du lancement des travaux de construction. Toujours selon le chef de l’État, « complété par l’aménagement des entrées est et ouest de Douala, le second pont permet de rendre la circulation plus fluide et de renforcer la compétitivité des entreprises, particulièrement celles qui sont situées dans la zone industrielle ». 

Habitat social - objectif : Logements pour tous 
Afin de résorber le déficit de l’habitat évalué à un million d’unités, le gouvernement a activé le programme gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux et d’aménagement de 50 000 parcelles constructibles. Près de 4 500 de ces logements sont déjà disponibles ou sur le point de l’être. Selon Jean-Claude Mbwentchou, le ministre de l’Habitat et du Développement urbain : « Nous pensons qu’avec le démarrage imminent de plusieurs projets portés notamment par des firmes privées internationales et nationales avec lesquelles des conventions ou des protocoles sont d’ores et déjà signés ou en voie de conclusion, l’offre de logements par la filière formelle va connaître un accroissement fulgurant dans les dix prochaines années. » Dans le cadre du Plan d’urgence pour l’accélération de la croissance, les cotations de 100 logements sociaux ont été lancées dans chacune des capitales régionales et d’autres projets sont en cours dans les villes industrielles, universitaires et chefs-lieux de département. Des partenaires étrangers tels que la firme italienne Pizzarotti ont signé avec l’État pour la construction de 10 000 logements dans la banlieue sud de Yaoundé, à Mbankomo, tandis que l’entreprise chinoise Sheyang est à pied d’œuvre pour l’édification de 3 200 logements sociaux à Yaoundé et Douala. Pour abaisser les coûts dans la plupart de ces projets, l’État prend en charge l’acquisition des sites, les études, les aménagements des voiries et le raccordement des réseaux des concessionnaires.

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