février 2018
Dossier

UNE TERRE D'ATOUTS

Par Nataka Noun
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La production agricole contribue à plus de 38 % au PIB national. Pour consolider cette filière, le président a annoncé plusieurs mesures. Dont celle de créer des agropoles, pourvoyeuses d’emplois.

Avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’état a décidé de lancer le Projet de développement des agropoles au Togo (Prodat). Estimé à 64 milliards de FCFA et couvrant la période 2018-2022, le programme aura pour vocation de créer des unités de transformation au sein d’agropoles situées sur des réserves foncières, proches des centres de production et des axes routiers majeurs. L’objectif est de passer de l’agriculture familiale de subsistance à une étape commerciale, profitable à tous. En termes pratiques, les technopoles agroalimentaires permettront d’équiper les zones de productions en infrastructures capables à la fois de produire les récoltes et stocker leurs produits. En plus de promouvoir la recherche du secteur et de créer des centres de formation, le programme devrait en parallèle développer les domaines de l’énergie et des télécommunications dans le bassin de couverture.
Prodat couvrira dix sites dont trois sont déjà identifiés pour la phase pilote : les bassins des fleuves Kara, Oti et Mono. Selon Alassani Ennardja, directeur des politiques de la planification et du suivi-évaluation des agropoles, le programme se concentrera les cinq prochaines années autour de plusieurs chaînes de valeur : le sésame et la volaille autour du site de Kara ; le riz, la volaille et le bétail autour de l’Oti. Enfin, concernant le bassin du Mono, c’est la filière de l’anacarde sera privilégiée.
Mais les attentes liées aux technopoles se seront pas limitées à leur aire d’implantation. Conçu pour booster les économies locales, le Prodat devra améliorer le revenu des producteurs. À terme, 25 000 emplois devraient être créés dans les zones de couvertures dont, objectif affiché, 40 % destinés aux jeunes et aux femmes. Le projet permettra également de « réduire le déficit de la balance commerciale agricole de 15 points » estime Alassani Ennardja. Une contribution qui devrait permettre, selon les projections du gouvernement, de réduire la pauvreté en milieu rural de 67,4 % à 53 % d’ici à 2022.
Pour Wahabou, jeune diplômé en agronomie de l’université de Lomé, et résident dans la préfecture de l’Oti, ce projet est une aubaine : « Mango a pour vocation de devenir un carrefour agricole commercial et nous permettra à nous, jeunes de la localité, de nous impliquer davantage dans le développement de la préfecture de l’Oti. Depuis plusieurs années, je conçois avec les paysans des programmes, mais le rendement n’était pas aussi conséquent que celui que promettent les agropoles. Ici, on attend leur mise en oeuvre avec impatience. »
Il faut rappeler que le Prodat a été initié à la suite du Programme national d’investissement agricole et de la sécurité alimentaire ( PNIASA), politique quinquennale phare du Togo en faveur du secteur agricole qui avait déjà permis au pays de parvenir à dégager des excédents et de réduire de moitié le taux de sous-alimentation.
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