janvier 2018
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VA-T-ON SORTIR ENFIN DE LA DÉPRIME ÉCONOMIQUE ?

Par François BAMBOU
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À Libreville, Brazzaville, Luanda, comme dans toutes les capitales africaines de pays exportateurs de pétrole ou d’autres ressources minières, on scrute les cours internationaux avec anxiété. Ces pays vont-ils enfin sortir de la grande déprime commencée en 2014 avec la dégringolade des cours du pétrole et des métaux industriels ?
 
Il y a bon espoir, pensent certains analystes, y compris à la Banque mondiale, où les conjoncturistes anticipent une progression favorable des prix. Dans sa publication sur les perspectives des marchés des matières premières, Commodity Markets Outlook, la Banque mondiale projette que les cours du pétrole pourraient atteindre 56 à 60 dollars en 2018, contre 40 dollars l’an dernier. Idem, « les prix des métaux devraient bondir de 16 % cette année, portés par une demande soutenue, notamment en Chine, et des contraintes du côté de l’offre liées à des perturbations dans certains sites miniers du Chili, d’Indonésie et du Pérou », indique cette revue de référence. « Les prix de la plupart des matières premières semblent avoir atteint leur plus bas niveau l’année dernière et sont en bonne voie pour remonter en 2017 », explique John Baffes, économiste senior et auteur principal du Commodity Markets Outlook. Il ajoute que « les prix de l’énergie remontent du fait de la stabilité de la demande et de la contraction des stocks, mais l’essentiel dépendra de la décision des pays pétroliers de prolonger ou non les coupes de production. Pour les métaux, les évolutions en Chine vont jouer un rôle essentiel dans la trajectoire des prix. »
Depuis 2014, le continent, qui affichait une croissance moyenne du PIB de l’ordre de 5 %, a brutalement plongé dans le blues. Les État ont multiplié les plans d’austérité budgétaire et abandonné la plupart des projets d’infrastructures, certains frôlant même la cessation de paiement, les réserves de change s’étant taries. Les dégâts ont été particulièrement sévères en zone Cémac, avec des conséquences sur le plan sociopolitique dans des pays producteurs de pétrole comme le Gabon et le Congo. Reste que la remontée des cours, tout de même timide, ne pourra à elle seule garantir l’avenir. La diversification des économies africaines, encore bien trop dépendantes des matières premières (par définition en quantité limitée) reste un enjeu majeur.
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