MUSIQUE

LES AMAZONES DÉMÉNAGENT

Par Sophie Rosemont - Publié en
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De gauche à droite, Fafa Ruffino, Mamani Keïta, Niariu et Kandy Guira. KAREN BISWELL (2) - DR

Après un premier album chaleureusement reçu, ce supergroupe féminin panafricain REVIENT EN FORCE avec un nouvel opus bien nommé. 
 

À L’ORIGINE, trois stars maliennes, Mamani Keïta, Oumou Sangaré et Mariam Doumbia (également collaboratrice d’Amadou & Mariam), qui créent en 2014 un collectif, Les Amazones d’Afrique, dont l’objectif est de défendre les droits des femmes… en musique. Leur nom est un hommage à un groupe des sixties, Les Amazones de Guinée. «Nous portons un message d’amour et de force, avec l’objectif d’une prise de conscience
 des êtres humains concernant les problèmes de violence à l’égard des femmes, nous écrivent-elles par mail. Des violences aussi véhiculées par des femmes victimes de pression sociale ou de traditions ancestrales. Par le biais de la musique, il s’agit d’ouvrir à la parole et créer un espace d’expression pour un monde meilleur.»
Ainsi, elles convoquent groove addictif et sonorités électroniques sur République Amazone, premier album paru en 2017, et sur son successeur, Amazones Power. À la production, Liam Farrell (alias Doctor L), qui a mixé le disque entre Dakar et Paris, veillant à l’actualité d’un son multigénérationnel nourri de soul, de rap, de reggae et de chants traditionnels. Elles y pa
rlent d’identité sexuelle, de mariage forcé et d’excision avec une sincérité sans fards. «Nous étions ensemble pour l’enregistrement du premier titre d’Amazones Power. Il y avait une vraie alchimie de groupe, dans un environnement créatif. Nous avions en tête de créer de la musique puissante, enivrante et porteuse de nos valeurs.»
 
Ce qui fait la force de ce supergroupe, où se côtoient plusieurs générations dans la joie et un vrai sens harmonique : « La jeunesse a une place primordiale dans la création et la transmission. Nous défendons une cause commune, universelle qui touche partout dans le monde. » Des morceaux comme « Heavy », «Timbuktu », «Queens », «Power» ou encore «Dogon» cultivent une sororité tant musicale que politique. On compte aussi dans ce collectif Mamani Keïta, Niariu, Nacera Ouali Mesbah, Ami Yerewolo, Rokia Koné ou Fafa Ruffino. Pour ces artistes, l’Afrique est un berceau de l’humanité dont la portée à l’international ne doit pas être sous-estimée.