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Édito

Besoin d'Amérique

Par zlimam - Publié en août 2020
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Tout début août, aux États-Unis, pays le plus puissant de la Terre. À 90 jours d’une élection présidentielle qui s’annonce cruciale, pour le monde entier.

L’épidémie de Covid-19 est hors de contrôle, avec près de 160 000 décès et 4,7 millions de contaminations au 3 août. Les États-Unis sont devenus le pays le plus touché au monde. Victimes des errements cyclothymiques de leur président, de la politisation de la crise, d’un mille-feuille institutionnel paralysant. Et de la mentalité de cow-boys d’une grande partie de la population. Pour beaucoup d’Américains, le business et le travail passent avant la santé, mourir est une liberté, et la Covid-19 pratiquement un complot de ces élites libérales qui veulent détruire le modèle « In God We Trust ». Il est pratiquement impossible de s’y rendre. Et les Américains eux-mêmes ne peuvent voyager à peu près nulle part. Ils sont comme bannis. Le choc humain et économique est historique, mais les États-Unis ont (encore) ce privilège de pouvoir tirer des chèques sans limites sur l’avenir…

Cette grande démocratie est gangrenée par les violences raciales et policières. Les images du meurtre de George Floyd (« I can’t breathe ») ont fait le tour du monde, comme celles de ces émeutes au cœur de ce qui fut, il n’y a pas si longtemps, d’orgueilleuses villes-mondes. Des millions de gens se sont levés pacifiquement en scandant « Black Lives Matter ». Une partie de l’Amérique blanche se sent sous siège, pendant que de jeunes militants, des étudiants, prônent la révolution. Des forces paramilitaires fédérales investissent les grandes villes pour « ramener l’ordre »

Donald Trump, 74 ans, et dont on ne se sait finalement pas grand-chose de la santé, allume une à une les mèches d’une véritable guerre civile culturelle. Le milliardaire-président, l’homme le plus puissant du monde, au profil psychologique instable (et élu par une minorité du vote populaire), alimente en permanence une rhétorique inflammable du « eux » contre « nous », multipliant les attaques contre la presse, l’establishment, les juges, etc. Dans les États républicains, on redécoupe les districts et légifère pour limiter le droit de vote. De véritables coups de boutoir contre une démocratie qui n’en sortira pas intacte. Le 45e président des États-Unis a même évoqué la possibilité de reporter les élections (décision hors de ses prérogatives).

Dans un tel chaos, l’élection du 3 novembre prochain apparaît comme explosive. L’ordre constitutionnel pourrait-il survivre à un vote fortement perturbé par l’épidémie, à un scrutin serré, ou à un président sortant qui refuserait de reconnaître les résultats du vote ? Sans parler des risques possibles d’ici-là… Que se passerait-il si Trump tombait malade de la Covid ? Et si son concurrent démocrate aussi ? À l’heure où ces lignes sont écrites, l’espoir demeure porté par Joe Biden, un vieil homme de 77 ans, héritier de Barack Obama. Le sénateur s’appuie sur le programme démocrate le plus réformiste depuis Franklin Roosevelt : immigration, santé, éducation, droits civiques. Il devrait choisir une femme noire pour être sa vice- présidente. Un choix symbolique, évidemment, mais aussi très politique, compte tenu de sa santé fragile et de son âge. Le vice-président, comme l’on dit aux États-Unis, « is just one breath away from power » (« est juste à un souffle du pouvoir »)…

Cette histoire peut vous paraître lointaine. Mais dans cette période si sombre de notre histoire humaine, nous avons tous besoin d’une Amérique relativement apaisée, d’une Amérique au centre du monde, fonctionnelle, capable de jouer son rôle dans la mobilisation générale. Ce n’est pas un point de vue « romantique », américanophile… Nous sommes à un carrefour, sur une « ligne de crête ». Covid, épuisement des modèles, crise et réorganisation économique, urgence climatique, impératif d’un nouveau dialogue géostratégique global (avec la Chine, entre autres), les défis sont immenses. Et l’Amérique, une nécessité. 

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Début décembre, Time, le grand hebdomadaire américain, s’est posé la question : 2020 a-t-elle été la pire année de l’histoire ? Évidemment, le tropisme du débat est propre à cette nation de « conquérants optimistes »... Et oui, il y a nettement pire dans l’histoire du monde, des guerres (à l’échelle de la planète), des épidémies dévastatrices (la fameuse peste noire du Moyen Âge, par exemple), des famines, des astéroïdes si l’on remonte à la nuit des temps… Mais pour tous les êtres humains vivant aujourd’hui, le choc 2020 est stupéfiant. Unique. Au-delà de notre expérience. Beaucoup d’entre nous sommes des enfants de l’après-guerre justement, du baby-boom (années 1950-1960), les héritiers des indépendances aussi, d’autres sont des kids de la génération Z (celle des enfants du numérique), tous acteurs et spectateurs d’un formidable accroissement des richesses et d’un recul sans précédent de la pauvreté dans l’histoire de l’humanité.

Publié en décembre 2020

Ce n’est pas un sujet festif. Je sais. Et c’est fait exprès. C’est aussi un thème que l’on aborde ici parfois autour du 8 mars, consacré Journée internationale des droits des femmes depuis 1911. Mais plus récemment, le 25 novembre a été déclaré Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Et en ces temps de Covid-19, où les confinements successifs ont fait exploser ces agressions à travers le monde, et notamment à domicile, il est bon de rappeler, justement entre deux agapes de fin d’année et lorsque les vœux sont à l’honneur, qu’un nombre toujours incroyable de femmes souffrent au quotidien.

Publié en décembre 2020

Si l’Afrique apparaît souvent comme une terre d’émergence économique, elle semble comme à l’arrêt sur le plan politique, paralysée par les enjeux de pouvoir, les rigidités internes, la faiblesse du débat démocratique. Chaque élection, chaque passation se présente comme un obstacle quasi insurmontable, un stupéfiant affrontement interne. Évidemment, le pouvoir reste une lutte. On ne gagne pas les sommets sans batailler, sans convaincre, sans alliances, sans manœuvres… Mais le pouvoir pour le pouvoir ne mène nulle part, sauf à la dictature, à la « démocrature ». Et à l’échec. Il nous faut sortir de ces paradigmes anciens, vermoulus, qui nous freinent, limitent notre progrès. Il nous faut changer le politique pour aller plus vite, plus loin, répondre aux attentes de centaines de millions d’Africains.

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