Editos

Au moment où vous lirez cet exemplaire, notre nouveau site, afriquemagazine.com, sera en ligne. C’est une étape importante dans notre volonté d’intégrer la chaîne numérique. Et une manière en quelque sorte d’illustrer, aussi, le thème du « monde d’après », qui sert de fil rouge à ce numéro. Un monde d’après marqué par la pandémie du nouveau coronavirus et ses conséquences stupéfiantes. Un monde d’après marqué par l’épuisement de modèles (États- Unis, Chine, Europe, capitalisme financier…) et la montée inexorable d’immenses dangers systémiques (changement climatique, raréfaction des ressources, nouvelles pandémies…). Un monde d’après modelé par cette révolution numérique multiforme, véritable rupture technologique, sensorielle, organisationnelle, deux siècles après les bouleversements de la révolution industrielle…

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Entre autres tristes conséquences, la pandémie mondiale de Covid-19 aura (re)montré à quel point l’Afrique est dépendante des plans agricole et alimentaire. Pas seulement à cause de la sécheresse ou de la pauvreté. Mais d’abord à cause de politiques totalement dysfonctionnelles. Produire en masse du cacao, du café ou du coton pour l’étranger – sans jamais parvenir à le transformer localement – ou viser l’industrialisation à tous crins de la production de l’anacarde, c’est bien, mais ça ne nourrit pas son homme. Localement. Ni dans le portefeuille, ni dans l’écuelle.

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Un premier constat semble faire l’unanimité : le nouveau coronavirus se répand moins vite en Afrique qu’ailleurs. Dans un contexte où les plus grands virologues tâtonnent encore devant ce fléau tout nouveau, pas mal d’hypothèses sont déjà avancées : le virus n’aimerait pas la chaleur, l’épidémie aurait commencé plus tard sur le continent et les frontières auraient été fermées plus vite, les échanges entre l’Afrique et le reste de la planète seraient moins denses, ou encore les Africains seraient surentraînés aux infections en tout genre… Il y a sûrement un peu de vrai dans tout ça.

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Nous pensions être invincibles et notre monde, pourtant, est sens dessus dessous. Un virus parti d’une grande ville industrielle de Chine s’est lancé sur les routes de la globalisation. À cette date, au moment où ces lignes sont écrites, près de 4 millions de personnes ont officiellement été touchées par ce nouveau coronavirus, au nom sèchement scientifique de Sars-CoV-2. Avec près de 300 000 décès. Surtout, mais pas toujours, des personnes fragiles ou âgées. Par rapport à 7 milliards d’habitants, cela pourrait presque paraître « gérable ». Et pourtant non, le pouvoir de contagion de l’organisme est tel que si rien n’était fait pour le stopper, près de 70 % de l’humanité serait infectée.

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En moins de deux mois, le monde s’est écroulé. Comme un château de cartes. À cause d’un nouveau virus. Réponse, plus ou moins tardive selon les gouvernements : le confinement. Au 31 mars, la moitié de l’humanité était cloîtrée chez elle. Les échanges commerciaux, économiques gelés. Et l’Afrique, peu à peu, suivant l’exemple des autres nations, confine ses populations. Ou plutôt, tente. Oubliant que la réalité sur le continent, dans la plupart des pays, est tout autre.

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Au moment où j’écris ces lignes, à Paris, nous « bouclons » notre troisième semaine de confinement. Partie de Chine, la pandémie de Covid-19 a quasiment mis à l’arrêt l’économie mondiale. Frontières fermées, confinement massif des populations, arrêt du transport aérien, limitation des échanges. Pour le secteur de la presse, le coup de frein est radical. Avec en particulier, des limites drastiques à la diffusion des titres. Et la baisse, c’est un euphémisme, du chiffre d’affaires publicitaire. Notre magazine, 36 ans d’existence ininterrompue, n’est pas à l’abri de cette formidable tempête.

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Côté protection de l’environnement, l’Afrique est forcément à la traîne. Les raisons invoquées pullulent : manque de volonté politique, absence de moyens, de formation, d’éducation, d’accès à l’énergie… Ou encore, on parle des freins traditionnels, comme la déforestation due à la coupe de bois de chauffe, etc. Lors des dernières COP, les pays du continent, moins pollueurs que les autres, demandaient des fonds, des aides et des soutiens dans ce domaine qui ne passionne pas les foules chez leurs électeurs, souvent bien empêtrés dans des soucis plus urgents, plus criards du quotidien, et peu enclins à se préoccuper des décennies futures. Et pourtant…

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Donc le coronavirus. Le covid-19 pour reprendre le vrai nom de la maladie… C’est une épidémie née à Wuhan, mégaville de près de 10 millions d’habitants, carrefour névralgique des transports, au centre de la Chine, qui a profité à plein des réformes économiques des années 1980. Une mégalopole symbole du miracle chinois, mais aussi une cité où les pratiques médiévales de commerce et de consommation d’animaux sauvages perdurent… Depuis, le coronavirus longe inexorablement les grandes routes commerciales de l’économie mondialisée. L’Asie du Sud-Est, la Corée du Sud, le Japon, l’Europe, la France, l’Italie, les ÉtatsUnis, cœur du capitalisme mondial…

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On s’en doutait, compte tenu de l’alignement sans complexe de l’administration Trump sur les positions les plus sectaires d’Israël. Compte tenu de cette alliance de réprouvés entre Donald Trump, président faisant face à une procédure d’impeachment, et Benyamin Netanyahou, Premier ministre mis en accusation pour corruption active, deux personnages soucieux de triomphes diplomatiques pour s’assurer une (piètre) victoire électorale… On s’en doutait en regardant le parcours de Jared Kushner, le fameux « first son-in-law », gendre présidentiel, en charge du projet, incarnation de la condescendance. Mais quand même…

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Tout le monde le subit, mais personne ne s’en émeut vraiment. Le phénomène s’est banalisé depuis des années. Les circuits de paiement en Afrique, publics en tête, sont de plus en plus longs, complexes, retardés par des tracasseries administratives et une foire orchestrée aux justificatifs et autres blancs-seings. L’idée, officiellement, c’est de sécuriser l’argent de l’État, d’éviter les détournements et les mains baladeuses dans les caisses. Très bien, et bravo pour le souci de moralisation du système…

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