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C'est comment ?

Après coups…

Par Emmanuelle Pontié - Publié en octobre 2021
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Août 2020, le président malien est renversé par un coup d’État militaire. Avril 2021, le fils du dirigeant tchadien, tué au combat, s’empare du pouvoir. Septembre 2021, c’est au tour d’Alpha Condé, en Guinée, d’être contraint de céder sa place, au profit de son chef du Groupement des forces spéciales… Voici donc revenu le temps, que certains pensaient révolu, des coups militaires ou constitutionnels, et des transitions africaines. Avec même des « coups » dans les « coups », comme au Mali, où un autre militaire a renversé le premier putschiste en mai dernier.

Évidemment, chaque histoire est particulière. Mais globalement, les pouvoirs inamovibles au bilan mitigé sont sanctionnés. Et la tentation du népotisme, atavique, culturel, comme au Tchad, est bien ancrée. Localement, en général, deux courants d’opinion se distinguent : ceux qui condamnent la méthode et s’inquiètent pour l’avenir ; et les autres, appartenant à des couches souvent plus populaires, qui se réjouissent de voir le pouvoir en place dégager, lui qui n’a jamais résolu les rudes soucis du quotidien.

Certes, on peut dire, comme ces derniers, qu’une page se tourne et que demain sera peut-être plus rose. Pourtant, rien n’est plus incertain. Dans ces pays, frappés de plein fouet par un changement brutal, hors scrutin, le réveil est souvent amer. Les chefs de transition, comme le nom l’indique, ne feront certainement pas des miracles durant leur passage. Et la tentation de reculer les échéances démocratiques une fois que l’on a goûté aux ors du pouvoir est grande.

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Durant ces périodes d’instabilité, placées plus ou moins sous sanctions internationales lorsqu’elles s’éternisent, les investissements, les grands travaux, les projets sont stoppés. Et le développement, plus ou moins engagé de-ci et de-là, frappé en plein vol. Pour peu que l’insécurité et les djihadistes s’invitent dans le décor, comme au Mali ou au Tchad, l’enjeu est encore plus grand.

Bref, ce grand retour en arrière qu’incarne le coup d’État est une bien mauvaise nouvelle pour le continent. Pour le contrer ou l’éviter, il faut absolument renforcer les institutions, sécuriser les scrutins et installer un vrai suffrage universel, où chaque vote « contre » comptera. Il n’y a pas d’autre solution pour sanctionner un pouvoir qui ne convaincrait plus ses électeurs. C’est au citoyen de décider de son sort, et certainement pas à un homme en treillis autoproclamé président de le faire à sa place.

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