Temps Forts

SANDRA/CLASSPRO

39 ans à peine, et déjà vingt-cinq ans de carrière derrière lui. Ses images s’exposent dans les festivals du monde entier. Et avec elles, un regard à la fois poétique et sans concession sur les joies et les peines de son pays.I l a promené son objectif sur les champs de guerre, mitraillé les folies vestimentaires des sapeurs, dénoncé l’absence de lumière pour les jeunes étudiants qui cherchent à se construire un avenir ou mis en scène la chasse aux éphémères et les désillusions des mariées qui rêvent d’ailleurs. Son regard original, talentueux, séduit les festivals du monde entier, de Bamako à Paris, en passant par des résidences à Libreville ou Rio de Janeiro. Celui qui a créé le collectif Génération Elili avec des amis en 2005, avance. Il a des projets, même s’ils risquent d’être retardés par la crise sanitaire, qu’il a traversée confiné à Brazzaville. Comme celui d’ouvrir un espace culturel géant à Makélékélé d’ici l’année prochaine. Et plus tard, pourquoi pas, de créer un festival sur les deux rives du fleuve Congo. Rencontre avec un artiste plein d’idées et d’ambitions.

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BENOIT PEVERELLI

La première source d’inspiration de cette diva célébrée à l’international demeure le Mali. Avec son nouvel album, Acoustic, elle poursuit son combat pour l’émancipation féminine et se révolte contre la violence de notre monde. Sa voix, douce et puissante, vibre dans cet écrin, tissé de cordes et de chœurs délicats. Avec Acoustic, la diva revisite dans une forme intimiste son précédent album, Mogoya, ainsi que deux standards de son répertoire, dont la sensuelle « Diaraby Nene », issue de son premier disque, Moussolou (« les femmes »), et écrite à 15 ans, qui raconte sans détour ses premiers émois amoureux. Une liberté de ton caractéristique d’une artiste bousculant les mentalités, affranchie des conventions. Oumou Sangaré s’est toujours battue pour l’émancipation des femmes, dénonçant les mariages forcés, l’excision, la polygamie.

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AMANDA ROUGIER

Leur comédie Tout simplement noir amène un souffl e nouveau sur le grand écran. Alliant humour décapant et justesse du propos, il questionne la place des Afro-descendants en France en touchant l’universel. Deux amis unis par la passion du rap, l’art de la dérision et de la vanne comme seconde nature, l’intérêt pour la figure du loser, citant 2Pac ou Bourvil dans leurs influences. Deux autodidactes au parcours éclectique : Jean-Pascal Zadi est acteur, rappeur, auteur de documentaires (tel African Dream, sur Magic System), chroniqueur télé et radio. Réalisateur de clips, John Wax a été assistant technique et photographe de plateau. Les compères signent la réalisation de la comédie Tout simplement noir (sortie le 8 juillet en France) : l’histoire d’un acteur raté décidant d’organiser une grande marche pour revendiquer la place des Noirs dans la société française. Naïf, pétri de maladresses, il sollicite le soutien de différentes célébrités. Découvrant une « communauté » noire à l’opposé de ses attentes, il doit peut-être réenvisager son militantisme.

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HANNAH ASSOULINE/OPALE VIA LEEMAGE

Depuis plus de quarante ans, l’économiste est consulté comme un oracle. Pour lui, l’après-Covid ne prendra tout son sens qu’au sein d’un nouveau modèle, créateur de croissance, d’emplois et de bien-être, où une « économie de la vie » sera favorisée au détriment d’une « économie de la survie ». Homme de l’ombre et ô combien amoureux de la lumière, Jacques Attali fait partie des personnalités les plus influentes du monde économique depuis la fin des années 1970, en France et en Europe. Son avis est sollicité, ses théories scrutées. Docteur en sciences économiques, il est diplômé de l’École des Mines, de l’École Polytechnique, de Sciences Po et de l’École nationale de l’administration (ENA).

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Voyager ! C’était devenu presque commun dans notre monde hyperurbanisé, globalisé et connecté. La crise du Covid-19 remet en cause tout un mode de vie. Et toute une industrie. En Afrique, 3 millions d’emplois sont en jeu. C ’est un crash. Un crash global, systémique. Une chute sans fin, vertigineuse, abyssale. Fin février, alors que le Covid-19 atteignait l’Europe après la Chine et l’Iran, que l’Italie se confinait et que l’aviation commerciale était plongée dans le coma, l’Association internationale du transport aérien (IATA) chiffrait déjà les pertes des compagnies à une trentaine de milliards de dollars. Deux mois et demi plus tard, le manque à gagner pour cette ô combien funeste année 2020 était réévalué à… 314 milliards de dollars ! L’équivalent de plus de la moitié des recettes estimée de l’aviation civile (561 milliards) en 2018.

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Une centaine de projets de recherche sont en cours. Les plus grands laboratoires travaillent d’arrache-pied. Les enjeux géostratégiques et sanitaires sont colossaux. Les États-Unis, la Chine, l’Europe cherchent une solution qui garantirait leur indépendance. Mais que pèseront les autres citoyens du monde face au carnet de chèques de ces puissances ? Et face à un Donald Trump, prêt à tout pour protéger ses électeurs ? Le futur vaccin contre le Covid-19 ira-t-il en priorité aux pays riches ? La menace est réelle. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’y prépare.

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Sa musique est solaire et rythmée, ses paroles sont explicites. La maltraitance subie par les femmes d’Afrique et d’ailleurs, la chanteuse gabonaise en a fait l’engagement d’une vie. Née en 1982 à Libreville, au Gabon, elle y a grandi avant de s’installer au Mali, en 2005, pour poursuivre des études de microbiologie. En 2007, elle remporte la deuxième place de Case Sanga, émission de téléréalité musicale diffusée sur la chaîne panafricaine Africable. Elle prête sa voix à la comédie musicale Kirikou et Karaba et s’illustre sur scène, en tant que choriste d’artistes de renom, comme Salif Keïta, Matthieu Chedid ou Oumou Sangaré. En 2016, son premier album, Mes Couleurs, offre une palette de sonorités blues et afro-jazz. La chanteuse puise son inspiration dans les traditions bantoues de son Gabon natal et les rythmes mandingues du Mali, son pays d’adoption. En 2017, elle est choisie pour chanter son titre « Koulé » à la cérémonie de clôture de la Coupe d’Afrique des nations de football 2017, dans le stade de Libreville. Parallèlement, elle tourne à travers l’Europe en tant que porte-parole du collectif des Amazones d’Afrique, engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Son deuxième album, Kaba, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année, est résolument nourri de cet engagement.

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On connaît la citation d’Hippocrate « L’art est long, la vie est brève ». C’est le credo du très énergique président de la Fondation nationale des musées du Maroc. Et si les temps sont particulièrement durs pour le monde de la culture, Mehdi Qotbi y voit aussi l’opportunité d’un renouveau.L’avenir ne peut exister que s’il est, avant tout, imaginé. Mehdi Qotbi ne voit pas les choses autrement. Ce Rabati, issu d’un milieu modeste a, très tôt, trouvé dans le dessin et les lettres la force de sortir de sa condition, les moyens de transformer toutes les situations.

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Elle est la commissaire générale de la Saison Africa2020, cet ambitieux projet panafricain en France qui promet de montrer un continent contemporain dans toute sa diversité. Née sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, la Saison Africa2020 devait démarrer en juin. À cause de la crise sanitaire, elle se déroulera finalement de décembre 2020 à la mi-juillet 2021, sur tout le territoire français. À travers plus de 100 projets portés par la société civile, cette manifestation témoignera des réalités plurielles du continent et des visions de citoyens africains sur le monde contemporain.

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Contre le Covid-19, le président de Madagascar Andry Rajoelina vante les mérites des tisanes d’artemisia, un remède traditionnel. La méthode laisse perplexe l’OMS. Mais les vertus de cette plante sont pourtant sérieusement étudiées et suscitent un grand intérêt sur tout le continent. Le 20 avril dernier, le président Andry Rajoelina présentait aux Malgaches le Tambavy CVO, également appelé Covid-Organics, une tisane composée aux deux tiers de feuilles d’artemisia. Conçu et fabriqué sur la Grande Île, ce remède à la composition gardée secrète est supposé prévenir et guérir le nouveau coronavirus.

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