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AU-DESSOUS DU VOLCAN

Par zlimam - Publié en avril 2016
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Élection, démocratie, pouvoir, richesses… La crise paraît (presque) inévitable. Pour mieux comprendre la « RD », décrypter son chemin d’avenir, nous avons voulu donner la parole à certains acteurs clés de l’histoire en marche.

C’est une nation multiple et immense, potentiellement riche (le fameux scandale géologique…), un continent au cœur du continent : 2 345 000 km2, deuxième pays africain le plus vaste après l’Algérie, une centaine d’ethnies et de langues, un territoire qui va de l’Ouest à l’Est, de la forêt équatoriale aux Grands Lacs, de l’Atlantique aux frontières du Grand Rift. Un kaléidoscope d’humanité et de cultures africaines. Et une promesse non tenue. De la chute de Mobutu aux conflits tragiques du Kivu et à l’ascension de Kabila père et fils, l’ex-Zaïre devenu République démocratique du Congo reste un pays dangereusement inachevé, complexe, violent, en construction et déconstruction permanentes. Au moment où ces lignes sont écrites, celui-ci vient de voter pour élire les gouverneurs de province. La majorité présidentielle s’est distinguée (en adaptant la loi à ses intérêts). Mais l’avenir reste entièrement en suspens. Et le calendrier électoral d’une confusion absolue. Selon la Constitution, le président Joseph Kabila (au pouvoir de fait depuis 2001, élu en 2006 en et réélu en 2011) ne peut se représenter. Le scrutin est « prévu » en décembre. Mais rien ne semble indiquer que le chef d’État et la mouvance qui le soutient sont décidés à respecter le texte et les échéances…

Le « rêve congolais » pourtant persiste : il est porté par un réel sentiment national, un espoir profondément déçu depuisl’indépendance, et un potentiel infini qui ne demande qu’àêtre (bien) exploité. Kinshasa reste une grande cité rebelle.Aujourd’hui, tous les facteurs de crise sont réunis. Locauxavec « l’incertitude » sur une candidature Kabila et le timingde l’élection présidentielle. Ou régionaux avec la dynamiqueconflictuelle des Grands Lacs et les signaux contradictoiresenvoyés par une Afrique à la fois réactive et muselée entermes de démocratie et d’alternance. Quant à la communauté internationale, elle n’a pas la même diplomatie dansles nations stratégiques comme la RDC et les « petits pays »comme le Burundi. Une partie de la mouvance présidentielle, qui s’incarne dans les ambitions de Moïse Katumbi, s’est déjà désolidarisée. D’autres, comme le Premier ministre Matata, font état d’avancées remarquables et plaident aujourd’hui pour la « paix ». De Kinshasa à Lubumbashi, de Kisangani à Goma, la tension monte. De crise en crise, le géant s’avance vers une incontournable échéance. De sa résolution et de ses évolutions dépendent non seulement la paix et la sécurité d’une vaste région tourmentée, mais aussi l’avenir de la démocratie en Afrique. C’est ici que bat le cœur du continent. Et comme disait Frantz Fanon : « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo ! »

Sommes-nous sur « l’insurrection qui vient » ? La République a-t-elle la force de passer le cap ? La parole reste aux Congolais eux-mêmes…

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