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Agro-industrie

Le Groupe OCP renforce son programme « Eau »

Par Cédric Gouverneur - Publié en juillet 2022
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La station de traitement et d’épuration des eaux usées (STEP) de Khouribga. DR
La station de traitement et d’épuration des eaux usées (STEP) de Khouribga. DR

Au Maroc, le changement climatique accroît le stress hydrique. Le Groupe OCP, leader dans le domaine de la nutrition des plantes, s’engage à ne plus recourir aux ressources en eaux conventionnelles pour ses besoins industriels d’ici 2026.

Le Maroc connaît sa pire sécheresse depuis quarante ans. Le Groupe OCP – un des leaders mondiaux de la production d’engrais – a décidé de ne plus peser, par ses activités industrielles, sur les ressources en eau douce. « OCP veille à concilier développement industriel et préservation des ressources hydriques », explique le groupe dans un communiqué. Celui-ci s’engage à ne plus recourir « à des sources d’eau conventionnelle » – les nappes phréatiques et les eaux de surface –, afin de « préserver la ressource hydrique pour un avenir durable » : « Nous faisons face à un défi de taille, celui d’améliorer notre production afin de répondre à une demande mondiale croissante, tout en rationalisant notre utilisation de l’eau et recourant aux ressources non conventionnelles. »

Une adaptation vitale : en effet, au Maroc, les réserves des barrages sont à 10 % de leur niveau habituel. Le stress hydrique commence à impacter l’approvisionnement en eau des villes.Pour y faire face, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) du royaume mise notamment sur des usines de dessalement d’eau de mer (celle d’Agadir, érigée en trente-six mois, doit à terme traiter 400 000 m3 par jour) ainsi que sur la traque des fuites dans le réseau de canalisations.

L’eau est un enjeu majeur de développement durable pour le Groupe OCP. L’engagement du groupe en matière de gestion durable des ressources hydriques a pris davantage d’ampleur depuis la mise en place en 2008 d’une « stratégie Eau », reposant sur la rationalisation de la consommation de l’eau dans tout le processus de production et sur la priorisation de la mobilisation des ressources en eaux non conventionnelles.

En 2021, 30 % des besoins en eau d’OCP ont été satisfaits à partir de sources dites « non conventionnelles » (issues du dessalement de l’eau de mer ou du traitement des eaux usées urbaines). Le Groupe OCP accélère son programme « Eau » afin de se dispenser à 100 % de l’utilisation de l’eau conventionnelle d’ici 2026 : « Ce programme a été conçu pour satisfaire tous nos besoins industriels en eau à partir des ressources non conventionnelles », explique le groupe. « Nous utilisons les eaux usées d’origine urbaine, une fois traitées, dans le lavage du phosphate. » Trois stations d’épuration ont été construites sur les sites OCP de Khouribga, Benguerir et Youssoufia, afin de valoriser plus de 10 millions de m3 par an. Deuxième source d’eau non conventionnelle de cette stratégie : le dessalement de l’eau de mer. « Notre complexe à Jorf Lasfar est desservi par l’une des plus grandes stations de dessalement du pays », avec une capacité de 25 millions de m3 par an, à terme étendu à 40 millions. Le groupe compte aussi déployer de nouvelles unités mobiles de dessalement sur ses sites de production d’engrais. Enfin, l’innovation et la recherche & développement étant au cœur de la stratégie de croissance d’OCP, plusieurs projets sont lancés avec des partenaires tels que l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), afin de développer des solutions disruptives d’optimisation d’eau et recourir aux technologies de traitement d’eau les plus durables.

En Afrique du Nord, les disponibilités en eau par habitant ont diminué de plus de 30 % en vingt ans, à cause des effets conjugués du réchauffement climatique et de la démographie : au Maroc, 600 m3 d’eau par an et par habitant sont désormais disponibles, contre 2 600 dans les années 1960.

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