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C'est comment ?

Pour elles

Par Emmanuelle Pontié - Publié en décembre 2020
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Ce n’est pas un sujet festif. Je sais. Et c’est fait exprès. C’est aussi un thème que l’on aborde ici parfois autour du 8 mars, consacré Journée internationale des droits des femmes depuis 1911. Mais plus récemment, le 25 novembre a été déclaré Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Et en ces temps de Covid-19, où les confinements successifs ont fait exploser ces agressions à travers le monde, et notamment à domicile, il est bon de rappeler, justement entre deux agapes de fin d’année et lorsque les vœux sont à l’honneur, qu’un nombre toujours incroyable de femmes souffrent au quotidien.

Le 25 novembre dernier, quelques chiffres effroyables ont été communiqués. Une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles à un moment de sa vie. 71 % des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes et des filles, et les trois quarts d’entre elles sont exploitées sexuellement. Seulement 52 % des femmes mariées ou en union prennent librement leurs propres décisions concernant les relations sexuelles, l’utilisation de contraceptifs ou les soins de santé. Et la liste est longue, surtout quand on y ajoute les statistiques sur les violences morales.

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Parmi ces tristes réalités, seules les mutilations génitales féminines (pratiquées dans une trentaine de pays, dont la moitié se trouve en Afrique de l’Ouest) ont régressé de 25 % entre 2000 et 2018. Il n’empêche, selon l’ONU, 4 millions de filles étaient encore menacées cette année. Un chiffre énorme. Certes, l’ensemble de ces violences sont réparties de façon disparate du nord au sud du globe. Certes, il y a sûrement de (petites) avancées ici ou là, dans tel ou tel domaine. Mais pas toujours. Si l’on prend par exemple le cas de la France, nous écrivions ici il y a quelques années, qu’en 2016, 123 femmes étaient mortes sous les coups de leur conjoint. Eh bien, en 2019, leur nombre est monté à 146… Sans commentaire.

C’est malheureusement bien utile que le 25 novembre rappelle que les femmes continuent à être violentées. Au XXIe siècle. Sans que leur calvaire ne soit en passe de diminuer clairement, drastiquement. Et quelles que soient les cultures et les législations de par le monde. Souhaitons donc ardemment en ce début 2021 que leur condition s’améliore. Il y a vraiment urgence. 

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