Rêves d’émergence
Par
Cherif Ouazani
Publié le 13 mai 2018 à 14h09
La bauxite et l’or tirent la croissance du pays, qui a dépassé les prévisions du FMI pour la deuxième année consécutive.

Réduire la pauvreté
Soutenues par la Banque mondiale, les autorités guinéennes ont convié à Paris, en novembre 2017, les partenaires financiers. Le résultat fut au-delà des espérances : 20 milliards de dollars promis pour 4,5 escomptés. Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : dans la foulée, le FMI a accordé une enveloppe de 650 millions de dollars avec pour finalité de mieux répartir les fruits de la croissance et réduire la pauvreté qui touche plus d’un Guinéen sur deux. Quant au problème du chômage structurel des jeunes (80 % des moins de 25 ans sont sans emploi), l’économie informelle n’est qu’une alternative aléatoire. Seuls un développement de l’agriculture avec un accroissement des surfaces, une diversification de la production et une amélioration du système de commercialisation seraient réellement générateurs d’emplois. Quant à l’industrialisation du pays, notamment la transformation locale de la production minière (six projets de raffineries de bauxite dont la réalisation est prévue pour le début de la décennie à venir), elle est tributaire de l’achèvement du programme de production hydroélectrique initié par le président Alpha Condé : réalisation du barrage de Kaléta (250 mégawatts) entré en service en 2015, projet de celui de Souapiti (450 mégawatts) prévu en 2019, avec l’objectif de parvenir à une capacité de production totale de 1 000 mégawatts à l’horizon 2020. Enfin, routes et autoroutes, fibre optique et haut débit désenclavent peu à peu des pans entiers du territoire, dont les populations se mettent à croire aux rêves d’émergence.