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Editos

Terres brûlées

Par Emmanuelle Pontié - Publié en mai 2021
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La pandémie de Covid-19 aura relégué la question mondiale de l’environnement au second plan. Plus de manifestations, pas de COP en 2020. Certes, un des effets de cette longue période d’arrêt généralisé aura été, indirectement, la diminution des émissions de CO2. En avril 2020 par exemple, au plus fort de la fermeture internationale des échanges, on mesurait -75 % dans le secteur de l’aviation, -50 % dans le domaine des transports en général, et -15 % pour l’énergie. Très bien. Mais évidemment, la planète aspire à la reprise des activités, et la généralisation de la vaccination peut le laisser espérer pour bientôt. Donc il semble que nous allions droit dans le mur.

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Une petite lueur positive s’est allumée aux États-Unis, les 22 et 23 avril, quand Joe Biden a organisé son sommet virtuel sur le climat, avec de belles annonces, qui montrent une rupture, enfin, avec les années Trump et le climat bashing américain. Les États-Unis promettent de réduire leurs vilaines émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030, l’Europe de 55 %, et la Chine assure qu’elle atteindra la neutralité carbone en 2060. C’est bien. Mais c’est loin. Et l’Afrique semble être la grande oubliée du système, elle qui n’émet que 4 % des gaz en question, mais se bat déjà au quotidien contre les effets du réchauffement, entre sécheresse galopante, inondations, cyclone et invasions de criquets. Alors, passons sur le fait que seuls cinq chefs d’État du continent noir, en tout, étaient conviés par Joe à son sommet…

Mais la question du financement archi-urgent dont nos pays ont besoin n’a jamais été résolue, de COP en COP. Les fonds verts de soutien se sont multipliés, ont été votés. Et ce, même avant l’accord de Copenhague de 2009. Fonds spécial pour les changements climatiques, Fonds d’adaptation, Fonds pour l’environnement mondial, etc. En gros, plus de 100 milliards de dollars par an… qui n’ont jamais vraiment été versés. Principalement pour des raisons techniques de mécanismes hyper compliqués, dont l’allègement sera d’ailleurs l’un des ordres du jour de la prochaine… COP, qui devrait (enfin) se tenir en novembre à Glasgow, sous la houlette conjointe des Britanniques et des Italiens. C’est top ! En attendant, l’Afrique brûle.

Et si ses dirigeants ne mettent pas la question verte au centre de leurs politiques d’une part, et ne tapent pas du poing sur la table internationale très fort d’autre part… le continent risque d’être englouti par les fléaux naturels et submergé par la famine. Et comme dit l’adage, c’est déjà demain. Alors, il faut vraiment bouger !

 

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