mars 2017
Algérie

Ahmed Ouyahia, la seconde génération en marche

Par LYES SI ZOUBIR
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Déjà trois fois Premier ministre, le directeur de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika appartient à la catégorie des « enfants de l’indépendance », une classe d’âge discrète, omniprésente aux affaires, qui attend son heure. Et qui devrait jouer un rôle clé dans les transitions qui s’annoncent… 
 
Algérie, fin novembre 1995. Le général à la retraite Liamine Zéroual vient d’être élu à la présidence de la République. Une élection qui redonne un peu d’espoir à des millions d’Algériens épuisés par près de quatre années de violences et d’affrontements entre les forces de l’ordre et les groupes islamistes armés. Un conflit où les civils paient le prix fort en raison notamment des attentats et de la campagne d’assassinats visant tous ceux que le Groupe islamique armé (GIA) considère comme ses ennemis ou comme des soutiens du pouvoir (intellectuels, fonctionnaires, artistes, syndicalistes, enseignants…). 
 
Le pays tangue, sa situation économique est inquiétante, il vient de frôler la cessation de paiement et il lui faut maintenant appliquer l’accord conclu en 1994 avec le Fonds monétaire international (FMI). La presse algérienne s’interroge quant au nom du futur Premier ministre. La rumeur, insistante, désigne Ahmed Ouyahia, un haut fonctionnaire né en 1952 en Kabylie, soit dix ans à peine avant l’indépendance et dont on sait qu’il vient de participer aux premières négociations avec l’ex-Front islamique du salut (FIS).
 
L’intéressé est néanmoins un inconnu du grand public. Il ne fait pas vraiment partie du sérail politique et les journalistes qui évoquent son nom le qualifient de « technocrate », autrement dit de haut cadre de la nation, certes, mais sans grands relais et appuis politiques au sein du pouvoir. C’est une erreur d’appréciation. Car l’homme, qui sera finalement nommé chef du gouvernement le 31 décembre 1995 (il sera trois fois Premier ministre : 1995-1998, 2003-2006, 2008-2012), fait partie depuis longtemps de ce que les spécialistes de sciences politiques appellent « L’État profond », c’est-à-dire cet enchevêtrement de militaires et de fonctionnaires qui font « tourner » le pays quelle que soit la conjoncture politique. Celui que l’on présente aujourd’hui comme un possible successeur du président Abdelaziz Bouteflika a toujours été un rouage essentiel du système. Un élément clé qui n’a guère besoin d’être en première ligne (ou qui n’a guère intérêt à l’être). 
 
HOMME DE RESEAUX
 
Ahmed Ouyahia appartient ainsi à la « génération II ». Comprendre, celle des dirigeants de l’Algérie venant juste après celle de « la Révolution ». Discrète, elle demeure encore dans l’ombre des anciens moudjahidine et des « historiques » du Front de libération nationale (FLN) car elle ne peut se prévaloir d’une quelconque légitimité révolutionnaire. Mais, comme l’explique le politologue Nacer Jabi, « c’est une génération qui est à la manœuvre et qui, d’une certaine façon, a d’ores et déjà pris le pouvoir car rien n’est possible sans elle. Bien sûr, elle exécute les ordres, mais elle est bien installée aux commandes. La seule limite qu’elle s’impose est d’attendre que les aînés s’en aillent d’eux-mêmes. Mais elle est solidaire et a une très bonne connaissance de ce qu’est devenue l’Algérie ».
 
(...)
 
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