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Interview

Abd Al Malik: « Mon film est un outil de réconciliation. »

Par Astrid Krivian Cédric Bouvier
Publié le 13 janvier 2026 à 10h10
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Le rappeur, auteur, metteur en scène français réalise son deuxième film de fiction pour le cinéma, Furcy, né libre. Inspiré d’une histoire vraie, adapté du livre de Mohammed Aïssaoui L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard, 2010), il raconte le long combat judiciaire d’un homme réduit en esclavage, Furcy Madeleine, pour faire reconnaître ses droits et sa liberté. En 1817, l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion) est une colonie française dont l’Hexagone tire profit de l’exploitation du sucre et de l’esclavage – aboli en 1794, il a été rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802. Furcy, 31 ans, découvre l’acte d’affranchissement de sa mère à la mort de celle-ci. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il intente un procès contre son maître afin de faire valoir son statut d’homme libre. Cette bataille devant les tribunaux durera 27 ans, trouvant son dénouement en décembre 1843 à Paris. Abd Al Malik retrace le parcours exceptionnel de cet homme, de son île natale à Maurice en passant par Paris, sa lutte acharnée, courageuse, pour faire reconnaître sa liberté dans une société esclavagiste, régie par le Code noir. Il signe un film nécessaire, bouleversant, humaniste, documentant une période de l’histoire de France trop rarement représentée à l’écran.