Abd al Malik: «Regarder notre histoire droit dans les yeux»
Rappeur, poète, romancier, essayiste, scénariste, metteur en scène de théâtre, il est aussi un réalisateur engagé. Avec ce nouveau long-métrage, Abd al Malik s’intéresse à l’histoire vraie de Furcy Madeleine, un esclave français en lutte avec la violence du Code noir, et qui se battra vingt-sept années durant pour obtenir la liberté qui lui revenait «de droit».
En 1817, l’île de La Réunion, alors appelée île Bourbon, est une colonie française où l’Hexagone tire profit de l’exploitation des cannes à sucre et de l’esclavage – aboli en 1794, il a été rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802. Au mois d’octobre de cette année-là, Furcy, un esclave de 31 ans, découvre à la mort de sa mère l’acte d’affranchissement de celle-ci. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se rend au tribunal d’instance de Saint-Denis et décide d’intenter un procès contre son maître afin de défendre ses droits et son statut d’homme libre. Cette bataille judiciaire durera vingt-sept ans, trouvant son dénouement en décembre 1843 à Paris. Adapté du livre de Mohammed Aïssaoui L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard, 2010), couronné du prix Renaudot de l’essai en 2010, le film Furcy, né libre d’Abd al Malik retrace le combat exceptionnel de cet homme...