Alain Gomis:
«Il y a quand même toujours une hiérarchie des civilisations»
Ambitieux et joyeux, son dernier film a été l’un des événements de la dernière Berlinale. Dans Dao, le cinéaste franco-sénégalais fait des allers-retours entre une cérémonie rituelle en Guinée-Bissau et un mariage festif dans la diaspora, en France. Avec le souci du témoignage et de la transmission entre les générations. Rencontre avec le cinéaste et ses actrices.
Depuis un quart de siècle (son premier long-métrage, L’Afrance, a été primé à Locarno en 2001), Alain Gomis est un habitué des grands festivals, et notamment de la Berlinale, où il avait remporté l’Ours d’argent en 2017 pour Félicité, tourné à Kinshasa. En février dernier, il était de nouveau en compétition, avec Dao [voir critique p.12], dont la grandeur et l’ambition ont fasciné critiques et spectateurs – à défaut de conquérir le jury. Pas moins de 3 heures d’une sorte de grand mix entre Abdellatif Kechiche et Jean Rouch! Le réalisateur franco-tunisien pour les longues et fascinantes séquences quasi improvisées, en immersion dans une fête de mariage en France, et le cinéaste et ethnologue français pour la plongée dans un hommage coutumier à un mort dans un village manjak de Guinée-Bissau, entre sacrifices et rituels de transe, mais sans visée...