Arles Africaine
Les Rencontres photographiques mettent à l'affiche un cycle « Indépendances », explorant les imaginaires, entre passé et présent.
La 57e édition des Rencontres de la photographie d'Arles, « Des mondes à relire », s'inscrit pleinement dans le cadre de la Saison Méditerranée. De nombreux artistes invités ont des liens étroits avec l'autre rive de la Grande Bleue, et le festival, qui tombe l'année du bicentenaire de la photographie, met aussi à l'honneur l'histoire et la création africaines. Si les noms de photographes issus du continent et de ses diasporas pointent dans toutes les sections de la manifestation, notamment dans celle dédiée aux voix émergentes, ils brillent dans le cycle « Indépendances ». Six expositions pour parler libération, transmission et réappropriation, de l'Algérie à l'Afrique du Sud, en passant par l'Afrique de l'Ouest.
«Ghana ! Rêver l'indépendance», projet lauréat de la bourse de recherche curatoriale 2020, réunit des images emblématiques des années 1970, comme celles de Paul Strand, et des travaux contemporains, tels ceux de Carlos Idun-Tawiah, qui signe l'affiche de ces Rencontres. « Paul Kodjo : Photoromance » est la première expo personnelle d'ampleur du photographe ivoirien en France.
Grâce à un travail de préservation mené pendant plus de quinze ans, on retrouve ici ses premiers photoromans, miroir des transformations sociales et économiques du pays dans les années 1970 et à l'origine d'une culture visuelle inventive, populaire et moderne. Avec « Paysage prisme : une traversée katangaise », du Congolais Sammy Baloji, ou « Le Roman algérien (un nouveau chapitre) », de Katia Kameli, on explore les relations entre passé colonial et présent, entre petite et grande histoire, mémoire – y compris celle enfouie – et transmission. Thato Toeba (Lesotho) et Ayana Jackson (USA-Afrique du Sud) travaillent la question de l'identité et du rapport entre l'Afrique et l'Occident à partir de matériaux récupérés et trouvés ou de fragments d'archives. Plus expérimentaux et surréalistes dans leurs techniques, Toeba mobilise le collage en trois dimensions pour créer des « conversations » fragmentées, alors que Jackson s'incarne performativement dans ses œuvres. Tous deux déplacent le regard et manipulent notre perception.
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