Assumer son seum
Le pouvoir insoupçonné de la négativité, selon Chams Zarrouk.
Contrariété, colère, dépit, frustration… Dans un monde où l’optimisation de soi et la quête du bonheur total priment sur le reste, c’est ce que l’on devrait fuir à tout prix. «Du seum, on peut dire d’emblée deux choses: il n’en existe aucune étude et il a une mauvaise odeur. On pue le seum», écrit Chams Zarrouk. Pourtant, le seum – issu de l’arabe sèmm, qui signifie «venin»–est profondément humain. Mieux: il pourrait même constituer la clé de notre plénitude. Mêlant avec humour références académiques et récits personnels, l’autrice le perçoit donc comme un remède bienvenu à la mélancolie et à la comédie des apparences. Mieux vaut un bon coup de gueule qu’une rancœur enfouie sous des faux-semblants. «Il me semble qu’on cerne plus facilement une personne à travers ce qu’elle n’aime pas, ce qu’elle conteste, qu’à travers ce qu’elle aime», garantitelle. Et c’est vrai .À méditer, donc, pour notre bien et celui de la société. Le seum pourrait être un vecteur efficace de lien et d’action politique.