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Entretien

Badiadji Horrétowdo:
« Je dénonce cette société d'apparence »

Par Astrid Krivian
Publié le 21 septembre 2026 à 10h34
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Avec Les Transfuges, l'auteur camerounais lève le voile sur une prostitution dissimulée au sein d'une communauté musulmane de Douala. Inspiré par une réalité passée sous silence, il pointe du doigt les ravages du patriarcat, l'hypocrisie sociale et l'exploitation des femmes vulnérables. Il revient sur la genèse de ce livre, son engagement et les combats qui traversent son œuvre.

FRANCESCO GATTONI
FRANCESCO GATTONI

Dès l'enfance, il est sensibilisé à la cause des femmes, heurté par les injustices et les violences qu'elles subissent, en voyant sa mère vivre des situations de grande vulnérabilité. Aujourd'hui écrivain engagé, Badiadji Horrétowdo dénonce les maux de sa société à travers la littérature. Né à Mayo-Darlé, dans le nord du Cameroun, après son baccalauréat scientifique, il poursuit des études supérieures d'ingénieur en France, à l'Université de Metz, avant de revenir dans son pays natal. Après avoir travaillé au sein de multinationales, puis enseigné dans des écoles d'ingénieurs, il est désormais consultant pour des entreprises industrielles. Chevalier de l'ordre du Mérite camerounais, après Le Prince de Djenkana (2010) ou L'Âme perdue (2013), il signe son cinquième roman, Les Transfuges (Emmanuelle Collas, 2026), le premier à paraître en France. Sans concession, d'une plume satirique et sensible, il brise les tabous, les silences, l'hypocrisie sociale et les faux-semblants autour d'une prostitution cachée, qui ne dit pas son nom, au sein d'une communauté musulmane à Douala. Ses héroïnes, Binta, Habiba et Djamilah, sont des jeunes femmes issues du nord conservateur, venues au sud, dans la capitale économique, en quête d'une vie meilleure ; elles tombent dans l'escarcelle de Hadja Halmata, tenancière d'un restaurant, qui leur jette de la poudre aux yeux en leur faisant miroiter une rencontre avec un homme, un riche notable, et un mariage à la clé. Derrière ses apparences de femme pieuse respectable et de mère de substitution, cette femme se révèle être une maquerelle qui exploite la vulnérabilité des jeunes femmes. À travers leur parcours, l'auteur montre les ravages du patriarcat et de la violence de classe, ainsi que l'impunité de certaines élites, sans toutefois renoncer à une lueur d'espoir.

AM: De quelle manière avez-vous découvert la réalité que vous racontez dans Les Transfuges ?

Badiadji Horrétowdo : Par hasard. De retour à Douala après mes études d'ingénieur en France, célibataire, j'allais souvent manger dans un restaurant qui proposait de la cuisine nord-camerounaise, pour retrouver les spécialités de ma région d'origine. Comme je suis de nature curieuse, j'observais ce qui se passait dans la salle : plusieurs belles jeunes femmes déambulaient, venaient de temps à autre dire quelque chose au personnel. On sentait bien qu'elles faisaient partie de cet environnement, mais sans savoir précisément quelle était leur fonction. Ça attirait mon attention, aiguisait ma curiosité. Et j'ai appris qu'il y avait une Hadja, une tenancière dans le back office, qu'on ne voyait jamais. On pouvait comprendre qu'elle était une personnalité importante, car elle était entourée : des notables venaient lui rendre visite en passant par une autre porte. J'ai compris que ces jeunes femmes étaient là pour une raison bien précise, puisqu'elles ne travaillaient pas directement au restaurant. Mais laquelle ? Puis un jour, dans un bus, j'ai discuté avec une jeune femme qui m'a raconté, avec pudeur, son expérience dans ce type de restaurant. J'ai alors compris ce qui s'y passait, et j'ai décidé qu'un jour, j'écrirai un roman à ce sujet. Il m'a fallu beaucoup de temps pour me résoudre à raconter cette réalité terrible. J'ai dû m'immerger dans ce monde-là pour en tirer toutes les informations, afin d'enrichir la trame de mon roman.

Est-ce donc une prostitution cachée, qui ne dit pas son nom ? Et que sont les soirées de kirlé ?

Cette dame, cette Hadja, est finalement une mère maquerelle. Derrière son restaurant, il y avait des filles, installées chez elle. Elles étaient recherchées par des hommes riches, qui voulaient avoir des relations intimes avec elles, à travers ce réseau de prostitution qui ne dit pas son nom. Le kirlé est une soirée où les hommes viennent, prennent le thé, discutent et échangent de belles paroles, tandis que ces femmes gravitent autour. Le kirlé est un prétexte pour que des hommes rencontrent et draguent ces filles, recherchent leurs faveurs et partent ensuite avec elles pour un rapport sexuel.

Au cours de votre immersion, qu'est-ce qui vous a le plus surpris, frappé, choqué, ému ?

Les « transfuges » sont ces filles qui quittent une région pour une autre. Elles ont fui la société conservatrice du nord pour se retrouver dans la société libertine du sud. J'ai compris que ces filles sont des victimes, des produits du patriarcat du nord du Cameroun. Elles n'ont pas été à l'école, elles ont connu des mariages précoces et forcés. Après un divorce, elles ont été « recrutées » par la rabatteuse, qui sillonne le nord pour le compte de la tenancière. Ces filles n'ont pour horizon que le mariage. Après un divorce, elles recherchent un nouveau mari, et cette rabatteuse leur fait croire qu'une grande dame dans le sud du pays peut les aider à atteindre cet objectif. Elle la fait passer pour une bonne samaritaine. Comme ces filles rêvent de venir dans le sud – considéré comme l'eldorado –, elles voient ça comme une opportunité. Ainsi, elles arrivent chez Hadja Halmata, qui manœuvre en coulisse, sans leur dire quelle est sa visée. Elle les exploite, les utilise, les met à la disposition de ces hommes qui couchent avec elles. C'est une prostitution qui ne dit pas son nom. Ces femmes sont complètement ignorantes de la situation dans laquelle elles se retrouvent piégées. Au bout du compte, les dégâts sont énormes : elles sont prostituées sans le savoir. Ce n'est même pas de la naïveté. Elles n'ont pas les armes pour se battre dans cet environnement, et surtout pour démasquer cette dame qui les utilise à son bon vouloir, qui instaure une ascendance sur elles et un lien affectif presque maternel. En réalité, elle tire profit d'elles pour son commerce.

Au sein de la communauté musulmane, des personnes pieuses sont impliquées dans ce réseau de prostitution…

On est dans une société d'apparence, avec des individus qui se font passer pour de bonnes personnes, pieuses, religieuses, comme Hadja Halmata. C'est complètement hypocrite : elle se fait passer pour ce qu'elle n'est pas. Mais n'allez surtout pas dire qu'il y a de la prostitution dans la société musulmane, ce serait terrible !

Hadja Halmata a, de plus, subi des violences au sein de son ancien mariage. Comment expliquez-vous qu'elle exploite d'autres femmes ?

Le boulevard des Nations unies, à Douala, la capitale économique du Cameroun. SHUTTERSTOCK
Le boulevard des Nations unies, à Douala, la capitale économique du Cameroun. SHUTTERSTOCK

Malheureusement, nous sommes loin de la sororité. Hadja Halmata est une maquerelle sans état d'âme, qui entend faire fructifier ses affaires. Il faut interroger son humanisme plutôt que son genre. Hier victime au sein de son mariage, elle est désormais bourreau. Elle perpétue les violences contre les femmes, lesquelles sont aussi perpétrées par les femmes elles-mêmes. Je suis un homme, mais je me sens entièrement légitime d'avoir écrit cet ouvrage. Je ne me suis jamais posé la question de mon genre ; je me suis laissé porter par mon humanité, ma sensibilité pour les causes que je défends et qui m'ont complètement affranchi de toute appartenance.

Quelle a été la réception de votre livre, qui brise un tabou, dépeint une réalité passée sous silence, au Cameroun ? A-t-il provoqué des réactions ?

Le rôle de l'écrivain est de tendre un miroir à la société au sein de laquelle il évolue. Les gens pourront toujours essayer de dire que ce que je raconte est faux, mais les faits sont implacables. Pour écrire, je me suis inspiré de la réalité, de ces scandales, des musulmans morts dans des hôtels. Ce qui sous-tend ces scandales, c'est un réseau, des pratiques inscrites quasiment dans la norme, mais recouvertes de non-dits. Les gens peuvent me critiquer, mais ils savent que j'ai du répondant – d'autant que je suis moi-même un musulman du nord du Cameroun : c'est imparable. Autrement, l'accueil médiatique du roman a été très positif. Il a surpris pas mal de monde, parce que, pour une fois, on met le doigt sur la réalité de la prostitution.

L'islam est instrumentalisé par bon nombre de vos personnages…

Il en a toujours été ainsi. Mon épouse Djaïli Amadou Amal l'a révélé à plusieurs reprises dans ses ouvrages. Les gens utilisent et détournent les préceptes de l'islam à leur compte, à leur avantage, pour justifier leurs actes. Tout cela demeure très hypocrite.

Quels sont ces produits stimulants, aphrodisiaques – poudres, pilules, etc. –, que des hommes et des femmes consomment dans votre roman, jusqu'à mettre leur santé en danger ?

Il y a ce fantasme de la virilité. Les hommes sont dans un esprit de performance : au lit, il faut arriver à faire pleurer une femme de plaisir. C'est ce qui ferait de vous un « vrai homme ». Or, selon la réalité physiologique, on n'est pas toujours performant, en forme. C'est là qu'intervient l'usage de ces produits stimulants, une forme de dopage que l'on rencontre aussi dans le sport. C'est pratiquement devenu un marché parallèle. Les femmes consomment des produits soi-disant aphrodisiaques, pour séduire et garder un homme ; les hommes consomment des produits pour accroître leurs performances sexuelles. Le risque est de devenir dépendant, d'augmenter sans cesse les doses, sachant que la fabrication de ces produits est plus ou moins maîtrisée. Et ils ont des effets secondaires, indésirables, dangereux, qui peuvent parfois provoquer une crise cardiaque. Beaucoup d'hommes sont dépendants de cette utilisation, qui a contribué à ce désastre : des décès ont été enregistrés çà et là dans des hôtels au Cameroun.

La tenancière et maquerelle Hadja Halmata vend à « ses filles » des pommades pour blanchir la peau, censées les rendre belles « comme une Arabe ou une Hindoue ». Qu'est-ce que cela raconte ?

Pour les musulmans du nord, les Arabes sont des descendants du prophète. Nous avons grandi dans cet esprit, en vouant un grand respect à ce peuple. On a grandi aussi en regardant le cinéma hindou, des films d'amour, de beauté, au sein desquels on ne trouve aucune actrice et aucun acteur à la peau noire. Dans cette société, les Hindoues sont même plus belles que les Arabes, que les Blanches… Ce sont des canons de beauté qui persistent.

D'après votre description de la condition féminine au nord du Cameroun, les femmes sont destinées à être des épouses au service de l'homme. « Rien de plus désagréable qu'une femme revendicatrice », affirme l'un de vos personnages masculins…

Les Transfuges, éditions Emmanuelle Collas, avril 2026, 21,90 €, 234 pages. DR
Les Transfuges, éditions Emmanuelle Collas, avril 2026, 21,90 €, 234 pages. DR

Dans l'esprit du patriarcat, au nord, une fille est destinée au mariage dès ses premières menstrues. Elle n'est pas faite pour aller à l'école. On lui inculque l'obéissance, la soumission à son mari, aux pieds duquel se trouverait son paradis. Elle doit rester exemplaire pour être une bonne épouse, une mère parfaite. Une fille qui se rebelle contre cet horizon-là et qui arrive dans le sud ne dispose pas des armes pour évoluer dans ce nouvel environnement. Elle n'a pas été scolarisée, elle n'a pas la maturité nécessaire, l'expérience, l'autonomie, la capacité de tenir dans cette société. Dans mon roman, la mère maquerelle Hadja Halmata utilise et exploite à l'envi ces vulnérabilités, leur dépendance, pour faire tourner son fonds de commerce. Je tenais à montrer les dégâts du patriarcat, ses graves conséquences sur des femmes sans défense. Je dénonce cette société d'apparence où le futile et le dérisoire priment sur l'essentiel et le prioritaire.

Ce roman met en lumière la nécessité pour les femmes d'avoir leurs propres ressources économiques, afin d'être indépendantes.

L'autonomisation des femmes est le maître-mot. Mon épouse, Djaïli Amadou Amal, en a fait l'un des axes fondamentaux, avec l'éducation, de son combat à travers son ONG Femmes du Sahel. Parce qu'une femme autonome a le choix. Elle est moins dépendante, elle dispose de la capacité à prendre des décisions pour elle-même. Sinon, elle reste vulnérable.

Que souhaitiez-vous raconter de Douala, où se déroule votre intrigue ?

Celles et ceux qui quittent le nord du Cameroun pour venir au sud constituent ce que j'appelle la diaspora intérieure. Ils arrivent dans un environnement différent, qui est chrétien avant d'être musulman. Je le dis plutôt dans un esprit laïc, parce qu'aujourd'hui, on a ce vivre-ensemble. Au sud, cette communauté trouve une liberté qui n'existe pas au nord, plus conservateur. Des hommes voient leurs instincts sexuels éveillés, parce que la tentation est plus forte. Les plus vulnérables entrent dans ce réseau de vagabondage sexuel, de libertinage. Le taux d'adultère est élevé dans cette communauté musulmane originaire du nord et établie dans le sud. Ainsi, on veut préserver les apparences, montrer que l'on est croyant, que l'on est une personne modèle. Tout ça est habillé d'hypocrisie. On veut paraître le contraire de ce que l'on est, de ce que l'on fait en réalité.

Vous mettez en regard les sommes considérables dépensées pour financer des pèlerinages à La Mecque, « montrer que l'on est un bon musulman », tandis que le nombre de pauvres, de mendiants ne cessent d'augmenter…

C'est un fait : aujourd'hui, à Douala, dans les rues, aux environs des mosquées, 95 % des mendiants sont musulmans. Il faut bien trouver les causes. Les gens ont cette obsession de se rendre à La Mecque, mais leur communauté se paupérise. Est-ce que cette société fait les bons choix ? A-t-elle la lucidité de regarder les problèmes qui la mènent à sa perte, puis apporter des solutions ? En tant que romancier, mon but est de mettre en perspective cette situation. Je ne juge pas ; je laisse le lecteur libre de se forger sa propre opinion et de tirer les leçons qui s'imposent.

Qu'est-ce qui vous a inspiré ce personnage de self-made man égoïste ?

Le rôle des élites est d'aider la communauté, la société à émerger, à se développer, pour ainsi apporter sa pierre à l'édification de son pays, de sa nation. Les riches ont cet avantage d'avoir les moyens, ils peuvent les mettre au service de la bonne cause. Mais ici, ils utilisent leurs ressources pour assujettir les autres, pour asseoir leur aura, au mépris, au détriment de la société, laquelle vit dans la misère. Je voulais montrer que ces élites contribuent plutôt à la paupérisation. Personne ne pense à construire des écoles, des collèges, des universités privées. Cette communauté n'est finalement pas aussi progressiste qu'elle voudrait le faire croire.

Votre mère vous a donné le sens de votre vie, écrivez-vous. De quelle manière ?

Je lui rends hommage dans ce livre. Elle est décédée il y a quelques années. Dès l'enfance, j'ai été sensible aux difficultés que vivent les femmes, car ma mère en a été fortement victime. Elle a été répudiée, elle a divorcé. Très attaché à elle, j'ai beaucoup souffert de cette situation. L'école était mon échappatoire, car au domicile familial, les épouses de mon papa, mes marâtres, me détestaient. J'ai eu la chance d'aller au lycée, puis, comme j'étais brillant, j'ai obtenu une bourse pour partir en France, poursuivre mes études. Adolescent, je ne comprenais pas pourquoi on manquait de respect aux femmes. Je suis né du ventre d'une femme, et on voudrait me faire croire que je suis supérieur à elle ? Dans l'environnement où j'ai grandi, les femmes étaient obligées de s'accroupir quand elles saluaient un homme. Tout ça m'a amené à prendre conscience de l'ampleur de cette injustice. Je ne l'acceptais pas. J'ai ouvert mon esprit dans ce sens et développé une vision complètement différente de celle de mes camarades d'enfance, de la société en général. D'une façon plus large, j'avais une aversion complète contre les injustices sociales.

Vous adressez aussi ce roman à votre fille. Qu'espérez-vous pour elle ?

À travers elle, je pense à toutes les autres filles. Ma prière est qu'elles ne subissent pas le même sort que les filles de Hadja Halmata. Ma fille est fière de mon roman, elle est avertie, consciente de ces réalités. Peut-être que cela fera naître en elle un militantisme, plus tard. Elle est née pendant l'écriture du texte, elle m'a accompagné dans ce périple, d'une certaine façon. Je suis fier aujourd'hui de lui laisser cet ouvrage, ainsi qu'à toutes les filles du monde entier.

Dénoncer les injustices, les inégalités, est-ce le moteur de votre écriture ?

Oui. Je me définis comme un écrivain engagé contre les injustices sociales qui ont cours dans son pays. C'est le fil rouge de tous mes ouvrages. J'ai découvert la littérature au lycée et, par la suite, j'ai développé cette passion à travers mes lectures. Je nourrissais une admiration pour ces écrivains qui dénonçaient les maux de leur société – Émile Zola, Richard Wright, Mongo Beti.

Quel rôle a joué votre épouse, l'écrivaine et militante féministe Djaïli Amadou Amal, dans l'écriture de ce roman, que vous lui dédiez ?

J'avais besoin de son point de vue pour des sujets sur lesquels je manquais de certitudes. Nous dialoguons toujours. C'est une grande chance de l'avoir rencontrée et d'être aujourd'hui son époux. Je l'ai découverte en lisant son premier roman très brillant, Walaande, l'art de partager un mari, qui m'a émerveillé. J'étais vraiment ému. J'ai énormément d'admiration pour elle, un grand respect pour son talent et pour ses accomplissements envers la cause des femmes. Elle a mené une révolution pour faire évoluer les mentalités dans notre société. Son impact est extrêmement profond ; on l'observe chaque jour. C'était donc nécessaire de lui rendre hommage à travers cet ouvrage. C'est une femme phénoménale, adulée dans le monde entier. Elle le mérite amplement, vu son génie et son combat.

Quel autre métier exercez-vous en parallèle de l'écriture ?

Après avoir enseigné pendant six années en école d'ingénieurs, je suis aujourd'hui consultant pour des entreprises industrielles. Face aux réalités suffocantes qu'éprouve la société, j'ai trouvé un exutoire à travers mes livres. J'en suis très fier. En tant qu'ingénieur, je vis, en tant qu'écrivain, j'existe.