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C'est comment ?

Bravo à nos sportifs !

Par Emmanuelle Pontié - Publié en août 2021
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À l’heure où nous écrivons ces lignes, personne ne sait si l’Afrique fera une aussi belle moisson de médailles aux JO 2021 de Tokyo qu’à ceux de 2016 à Rio, où le continent en avait tout de même récolté 45, dont 10 en or. Grosse participation en course de fond des pays de l’Est, comme l’Éthiopie ou le Kenya. Ça, on a l’habitude. Ces athlètes battent des records, gagnent, brillent. Déjà deux médailles d’or sud-africaines pour des nageuses. Là aussi, rien de bien surprenant. Disons que les biotopes – hautes montagnes pour les premiers et mer omniprésente pour les secondes – influencent peut-être les vocations et les performances.

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Après, on retrouve des Africains dans des disciplines plus surprenantes, comme le 400 mètres nage libre, où le Tunisien Ahmed Hafnaoui a gagné l’or. Idem pour le Marocain Soufiane El Bakkali, or aussi, au 3 000 mètres steeple ! On peut en outre citer le taekwondo, avec une première médaille en bronze pour l’Ivoirienne Ruth Gbagbi ; le judo, avec la Gabonaise Sarah Myriam Mazouz ; le tennis de table, avec le Nigérian Aruna Quadri ; l’escrime, avec la Tunisienne Inès Boubakri ; le rugby à sept, qui intéresse les Kenyanes ; ou encore le canoë-kayak et le volley-ball de plage pour les Marocains et Marocaines. Et même le dériveur double 470, avec des Angolais en lice. Sur un continent qui vibre, en gros, exclusivement au rythme du foot, c’est drôlement réjouissant, tous les quatre ans, de voir que des individualités se lancent à l’assaut d’une discipline presque inconnue par leurs compatriotes. Et en général pas soutenue ni encadrée par les pouvoirs publics de leur pays.

Chapeau bas pour le courage et la ténacité de ces athlètes, félicités lorsqu’ils gagnent et placés aux oubliettes les années qui suivent. On se souvient de Leyti Seck, seul concurrent et porte-drapeau du Sénégal, participant aux Jeux olympiques d’hiver deux éditions de suite dans la catégorie ski alpin en 2006 et 2010. Et bien sûr, de son prédécesseur Lamine Guèye, premier Subsaharien à participer aux JO d’hiver, en 1984, à Sarajevo, dans la même discipline.

On souhaite aux athlètes « décalés » de réussir cette année. Mais surtout, ce serait bien que leurs pays respectifs s’occupent un peu mieux d’eux et s’attellent à la promotion de ces sports nouveaux qui attirent, qu’ils créent des infrastructures locales (bon, pas de la neige, c’est sûr…) pour qu’ils puissent s’entraîner et faire des émules. Bref, que le continent évolue et sorte du « tout foot », un sport où d’ailleurs, si mes souvenirs sont bons, les récentes performances au niveau mondial ne sont pas bien terribles non plus…

 

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