Claver Gatete: «Nous devons élargir et stabiliser nos bases de financement nationales»
Selon le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA), ancien ministre des Finances du Rwanda, le contexte d’endettement d’aujourd’hui diffère fondamentalement de celui des années 1980 et 1990. Il prône une amélioration du cadre commun du G20, ainsi qu’une mobilisation plus efficace des ressources intérieures.
AM: En mai 2025, vous estimiez la dette du continent à 1860 milliards de dollars pour 2024. Disposez-vous d’estimations pour 2025 et 2026?
Claver Gatete: Nos analyses à l’UNECA suggèrent que la dette publique brute de l’Afrique atteint environ 1940 milliards de dollars en 2025 et 2080 milliards en 2026. Le ratio dette/PIB diminue légèrement, passant de 63,5% à 62,9% du PIB. La dette continue d’augmenter, mais globalement en phase avec la croissance économique en dollars courants. Cependant, les pressions restent fortes dans de nombreux pays, en raison des coûts d’emprunt élevés et des besoins de refinancement du développement.
Quelles conséquences pour les populations?
Lorsque les coûts d’emprunt sont élevés et le refinancement incertain, le paiement des intérêts absorbe les ressources budgétaires, et réduit ainsi les dépenses consacrées aux services publics et aux investissements dans des domaines tels que la santé, l’éducation, la protection sociale et les infrastructures. Ces...