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COUP DE CHAUD SUR LA TERRE (ET SUR L'AFRIQUE...)

Par zlimam
Publié le 7 octobre 2013 à 14h39
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LE CLIMAT... on en parle peu dans les colonnes de ce magazine. Et pourtant, nous devrions. Le cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) laisse peu de place à l’optimisme. Les spécialistes évoquent une hausse possible de 4,8° des températures moyennes d’ici à la fin du siècle (par référence, la température a augmenté de 0,80° en moyenne depuis 1880...). Le débat est scientifiquement complexe. Et surtout économiquement explosif. Un ralentissement de la croissance ou une hausse substantielle des prix de l’énergie dans les pays riches, qui ont largement esquinté climat et nature depuis la révolution industrielle, apparaissent hors de propos. Et les grands pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, l’Indonésie ou l’Inde, revendiqueraient presque un droit historique à polluer, nécessaire pour propulser leurs pays vers les paradis du développement industriel. L’Asie compte ainsi construire dans les années qui viennent près de mille centrales au charbon... De quoi faire monter le thermomètre de l’humanité au plafond...

On peut discuter à l’infini du sexe des anges et de la responsabilité des uns et des autres mais, en attendant, les glaciers fondent. Et le niveau des mers augmente. La sécheresse s’accentue dans les zones chaudes et les pluies s’accumulent dans les zones humides. Nous sommes, plus ou moins aveuglément, en train de dessiner un nouveau monde. Pas franchement accueillant. Un chiffre pour bien comprendre ce que la « montée des eaux » veut dire. Les deux tiers de l’humanité vivent à moins de deux cents kilomètres des côtes. Et trente des cinquante plus grandes villes de la planète se trouvent au bord de la mer. Ce phénomène ne concerne pas que les grandes cités d’Asie (Bangkok, Jakarta, Manille...) ou d’Amérique (New York). Certaines îles-nations du Pacifique (Vanuatu entre autres) ou de l’océan Indien (Maldives) risquent d’être submergées. Et de disparaître. L’Afrique, qui a d’autres soucis, est en première ligne. Le delta du Niger fait partie des zones à risque maximal identifiées par les experts. Toutes les grandes agglomérations de la côte ouest sont situées sur l’océan (Lagos, Abidjan, Dakar, Libreville...). Et la Tunisie, parmi d’autres exemples, perd chaque année quelques centimètres de territoire national, résultat de l’anarchie de l’urbanisme et de la montée de la mer. Le désert du Sahara avance peu à peu. Et l’Afrique australe risque de devenir sèche comme du bois mort. Nos enfants et petits-enfants auront à faire face à d’immenses défis...

Évidemment, l’humanité peut toujours s’en sortir... On travaille sur des technologies miracles qui permettraient, comme par hasard, d’agir sur le climat sans réduire les émissions de gaz à effets de serre (géo-ingénierie). Mais, face à l’ampleur du changement, l’humanité reste prisonnière de sa logique du chacun pour soi, d’États souverains et égoïstes. Cette fois-ci, pourtant, la menace est globale. Le climat et l’écologie nous concernent tous, riches ou pauvres, « noirs », « blancs » ou « jaunes », vivants d’aujourd’hui et de demain. Pour faire face, il faudra agir en tant qu’humanité commune. Solidairement. Faire un grand pas...

Par Zyad LIMAM