Douce Dibondo : « Forger une conscience noire depuis le Congo. »
Poète, écrivaine, performeuse, essayiste, Douce Dibondo a grandi au Congo-Brazzaville en pleine guerre civile, avant de venir en France à 12 ans. Diplômée en sociologie, créatrice du podcast Extimité, militante queer afroféministe, elle est l’autrice de deux recueils de poèmes Métacures (Blast, 2023) et infra/seum (Blast, 2024), ainsi que d’un essai La Charge Raciale, Vertige d’un silence écrasant (Fayard, 2024), qui a reçu un large écho. Elle y analysait les mécanismes du racisme et ses répercussions sur la psyché, les affects, l’estime de soi, la santé mentale des personnes non-blanches. Son nouvel ouvrage Lettres Carbones (Tumulte, 2026) est un échange épistolaire avec l’artiste, curatrice et chercheuse Mawena Yehouessi : elles y mènent une réflexion sensible, intime, politique et philosophique sur les questions d’identité, le rôle des arts et des récits face aux violences et aux discriminations, pour imaginer un autre monde possible. Puisant dans les métaphysiques congolaises, Douce Dibondo développe notamment le concept de « noirité » pour penser l’expérience des personnes noires au-delà de la souffrance et des assignations.