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Recontre

Douce Dibondo:
«Il faut hacker les imaginaires»

Par Astrid Krivian
Publié le 1 juin 2026 à 15h11
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Dans son essai, La Charge raciale, l’autrice met des mots sur une expérience souvent passée sous silence: celle de discriminations quotidiennes, d’hypervigilance et d’injonctions contradictoires. Une réflexion sensible et politique sur les mécanismes du racisme et les voies pour s’en affranchir.

Concept forgé par la chercheuse Maboula Soumahoro, la charge raciale désigne le poids permanent, quotidien, souvent insidieux, des discriminations subies par les personnes racisées, niées dans leur individualité et leur humanité, au sein d’une société majoritairement blanche. Face à ce fardeau, elles déploient des stratégies d’adaptation et d’hypervigilance, conscientes ou inconscientes – par exemple, pour ne pas être réduites à un stéréotype, pour ne pas faire de vagues, pour obtenir un travail, mais aussi pour éviter de subir des violences et des agressions. Le sociologue américain W.E.B. Du Bois décrivait en ce sens, à travers la «double conscience», le déchirement intérieur des Afro-Américains, «ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d’un autre», pour le citer. Dans un essai incarné, La Charge raciale – Vertige d’un silence écrasant (Payot, 2025), nourri de sa propre expérience, l’autrice, journaliste et poétesse Douce Dibondo analyse les effets concrets du racisme sur la psyché, les affects, l’estime de soi, la santé mentale...

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