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Drôle de grève !

Par empontie
Publié le 6 novembre 2014 à 09h12
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14 JOURS DE GRÈVE à Air France ! Plus si l’on compte un dernier petit syndicat irréductible qui n’avait toujours pas baissé les armes au bout du dix-septième jour. Les pilotes ont donc refusé le développement de la filiale low cost en Europe, Transavia. Un bras de fer sans précédent, avec une détermination exceptionnelle d’une corporation surpuissante, surpayée accessoirement entre 160 000 et 250 000 euros par an, pour 600 heures de travail, soit 11,5 heures par semaine… Ils ont réussi à faire ployer la direction générale d’une grande compagnie et un gouvernement. Et remis sérieusement en question un plan de redressement pourtant annoncé comme crucial pour la survie d’une société qui perd gravement des plumes. Bref, pertes sèches pour Air France : environ 20 millions d’euros par jour de grève, soit 280 millions au total… On peut rajouter les milliers d’emplois indirects rattachés à l’activité aérienne française et des aéroports de l’Hexagone, les transporteurs, les opérations de fret et les PME qui font de l’import-export, etc., etc. Des milliers de passagers cloués au sol regardant, bouche bée. Spécialement certains DG africains, scotchés à Paris. Pour eux, un petit groupe de hauts salaires est donc capable de paralyser un pays européen entier, de mettre en coupe réglée la direction d’une compagnie qui bat quand même pavillon national (16 % sont détenus par l’État)… « Votre pays est foutu ! », me confie l’un d’entre eux, arguant que la France est vraiment « verrouillée, conservatrice, réfractaire à toute évolution, changement, entrée dans la mondialisation ». Pas faux. Car sans remettre en question le droit de grève, ni envier les conditions de travail justement bien peu enviables de la plupart des salariés en Afrique, se retrouver dans une telle situation en Europe est tout de même remarquable. « Un délire de riches égoïstes », entend-on de-ci de-là. En tout cas, les passagers prévoient déjà qu’une partie des pertes se répercutera sur le prix des billets… Et demain, à ce train-là, alors que l’on surnommait Air Afrique « Air Peut-être » au moment de sa descente aux enfers, on risque de se retrouver, en France, avec « Air Rien du tout », si les effets de cette drôle de grève (voire d’autres futures, pourquoi pas ?) finissent par mettre à genoux la compagnie nationale. Fort, non ?