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En mai, fais ce qu’il te plaît...

Par empontie
Publié le 7 mai 2012 à 21h20
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Chaque année, à l’approche du mois de mai, les Gaulois sont la risée des autres peuples. « Si on devait atta- quer la France, on le ferait en mai, et gnagnagna... ». Évidemment, c’est une période truffée de jours fériés. Fête du travail, célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Ascension, puis Pentecôte... Bref, quatre jours de youp-la-houp auxquels s’ajoutent bien sûr les savants calculs de ponts et autres passerelles entre les weekends, les récups et les RTT*, et les congés à prendre avant la fin du mois, sinon on les perd pour l’année, etc.

Je connais même des gens qui, dès l’achat de leur agenda tout neuf en janvier, feuillettent goulûment les pages jusqu’au mois tant attendu pour bien véri- fier que les dates de farniente tombent sur des jours ouvrés. Bref, un peuple de cossards, qui semblent finalement bien s’ennuyer dans leur travail pour rêver à l’avance des moments où ils bulleront, les doigts de pied en éventail... Cela dit, je ne veux pas être mau- vaise langue, mais côté grosse fatigue, les Africains se posent un peu là, eux aussi... Ils ont un joli baobab dans la main.

Car, dans la plupart des pays subsahariens, on cumule et accumule les occasions de rester à la maison. Déjà, on additionne les fêtes religieuses tout au long de l’année, chrétiennes comme musulmanes... Ça en fait un sacré paquet! Et on y ajoute parfois d’autres joyeusetés, comme le 8 mars, qui célèbre les femmes, ou encore la fête de la jeunesse, voire la journée internationale de la Francophonie. Et, surtout, le droit du travail étant appliqué de façon fantaisiste, les us et traditions locales s’érigent tout naturellement en droits.

Un deuil peut générer un interminable congé, idem pour les bap- têmes, mariages et autres cérémonies où il faut aller au village, préparer des agapes à rallonge auprès des anciens, etc. Et l’absentéisme s’installe, prospère au vu et au su de tous, légitimé par un calendrier par- ticulièrement clément. Et les ponts s’imposent tout naturellement autour de tous ces jours chômés.

Ceci se rajoutant à cela. Bref, finalement, c’est pas facile de jongler entre les congés pour trouver quelques petites plages de travail vraiment d’affilée! Et, bien entendu, si pas mal de sondages ont montré à quel point la France était beaucoup moins performante en matière de business et de compétitivité au mois de mai, l’Afrique, elle, tout au long de l’année bosse carrément à temps partiel. D’où une stagnation des dossiers à traiter et des chantiers à finir. Dans tous les domaines, et notamment dans le secteur public. C’est bien dommage! Qui disait « le travail, c’est la santé »? C’est d’abord celle d’un pays tout entier...

* Jours de repos dans le cadre de la loi sur la réduction du temps de travail.

Par Emmanuelle PONTIÉ