Fatoumata Diawara:
«La culture mandingue, c’est mon identité»
« La culture mandingue, c'est mon identité ». Avec Massa, la chanteuse signe un disque aux élans pop et fier de ses racines, entre deuil, mémoire et renaissance. Rencontre.
« Massa, c'est un mélange, nous explique-t-elle. Il est pop parce qu'il est accessible, avec des mélodies simples et fortes. Mais il n'en est pas moins très malien grâce à la langue, aux sons et aux thèmes. » Décidément, il y a des voix plus puissantes que d'autres, qui transcendent les frontières sans toutefois perdre leur identité. Celle de Fatoumata Diawara en fait partie. Celle que l'on peut considérer à la fois comme une diva et une guitare héroïne – elle a d'ailleurs signé de son nom un modèle chez Gibson ! – renouvelle aujourd'hui sa collaboration avec Matthieu Chedid, alias M, pour son nouvel album.
La signification de son titre en bambara, « l'éternel », n'est pas aussi religieuse qu'on pourrait le croire : il s'agit également de la pérennité des liens que l'on tisse avec l'autre. D'autant que l'artiste n'a cessé de s'illustrer par son sens collaboratif : avec Chedid via le collectif Lamomali, Herbie Hancock ou encore Damon Albarn : « Ceux avec qui j'ai travaillé m'ont permis de faire rayonner ma culture malienne au-delà du continent africain, tout en épousant mes passions musicales anglo-saxonnes. »
Si Massa fait référence au deuil de son père, il raconte par ailleurs les petites et les grandes trahisons, le manque de courage, la joie que l'on trouve dans la maternité, la foi et l'amitié. Elle qui est danseuse (dans la troupe paternelle, elle électrisait le public avec le didadi) et actrice chez Cheick Oumar Sissoko, Dani Kouyaté ou encore Abderrahmane Sissako (sans oublier sa présence ensorcelante dans le cultissime Kirikou) ne se révèle jamais autant qu'avec la musique, qui, chez elle, flirte avec le rock, la pop et, bien sûr, les sonorités africaines. « Mes racines se trouvent dans la culture mandingue, nous affirme-t-elle fièrement. J'ai grandi avec elle. Les histoires, les sons, les traditions… Même quand je fais une musique plus moderne, elle reste toujours présente. C'est ma base, mon identité. »