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Cinéma

Festival de Cannes 2022 :
Un film égyptien en compétition pour la Palme d’or

Par Jean-Marie Chazeau - Publié en avril 2022
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Le long métrage Boy From Heaven, de Boris Saleh. DR
Le long métrage Boy From Heaven, de Boris Saleh. DR

2200 longs-métrages réalisés dans 155 pays ont été vus cette année par les sélectionneurs du plus grand festival de cinéma du monde : un record. Et à l’arrivée, pour le continent africain, seule l’Égypte tire son épingle du jeu. Mais la liste n’est pas définitive…

On va encore dire que les habitués ont été choisis pour tenter de décrocher la fameuse Palme d’or, mais la sélection officielle du 75e Festival de Cannes (17-28 mai), annoncée ce 14 avril à Paris, confirme simplement la primauté des meilleurs réalisateurs de films d’auteur (les frères Dardenne - avec Tori et Lokita, qui suit deux exilés africains en Belgique-, David Cronenberg, Claire Denis…). Ce qui n’empêche pas quelques concessions à un cinéma plus commercial, pour peu qu’il amène avec lui des stars, comme Tom Cruise qui viendra présenter, hors compétition, Top Gun : Maverick – une suite, trente-six ans après sa sortie, au film qui l’avait rendu célèbre.

Seront en compétition pour la récompense suprême 18 longs-métrages, dont un seul venu du continent : Boy From Heaven, du Suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh, auteur de l’excellent Le Caire confidentiel (2017), polar plongeant dans les jours précédant la chute de Moubarak. Cette fois, l’immersion se fera dans une prestigieuse université religieuse de la capitale.

« Il y a pléthore de très bons films venus du Maghreb, des pays arabes, et beaucoup de réalisatrices », a souligné le délégué général du festival Thierry Frémaux, indiquant qu’il pourrait y en avoir dans la sélection Un certain regard (réservée au jeune cinéma). D’autres longs-métrages seront en effet ajoutés la semaine prochaine, le festival ayant l’air un peu bousculé : ni l’affiche ni la liste des membres du jury ne sont encore prêtes.

Le Franco-Algérien Rachid Bouchareb ne retrouve pas les honneurs de la compétition officielle, qu’il a connues à deux reprises, comme l’a rappelé Thierry Frémaux, mais son nouveau film sera présenté sur la Croisette dans le cadre de Cannes première – des avant-premières mondiales réservées aux cinéastes choyés par le festival. Nos frangins est le troisième volet de sa trilogie sur les rapports entre la France et ses anciennes colonies du Maghreb, commencée avec Indigènes, qui avait remporté en 2006 le prix d’interprétation masculine de manière collective pour ses acteurs Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Bernard Blancan. Quatre ans plus tard, avec Hors-la-loi, il traitait des massacres du 8 mai 1945 en Algérie par l’armée française. Cette fois, ce sera le Paris des années Chirac et Pasqua, et la mort de l’étudiant Malik Oussekine en 1986 (un projet concurrent de la série Oussekine, annoncée par la plate-forme Disney+ pour cette année). À l’affiche de Nos frangins : Reda Kateb et Lyna Khoudri. La jeune Algérienne (consacrée par un César du meilleur espoir féminin pour Papicha il y a deux ans) sera également dans Novembre (de Cédric Jimenez), présenté hors compétition, traitant des attentats islamistes à Paris et Saint-Denis en 2015.

Le 21 avril, la Sélection officielle a ajouté une « séance de minuit » avec Rebel, un film belge de Adil El Arbi et Bilall Fallah, tourné dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, sur un jeune musulman d’origine marocaine. Et trois des quatre films supplémentaires dans la section Un certain regard sont arabes : Le Bleu du caftan, de la Marocaine Maryam Touzani (produit par Nabil Ayouch), Mediterranean Fever, de la cinéaste palestinienne Maha Haj, et Harka, premier long métrage du réalisateur américain d’origine tunisienne Lotfy Nathan. C’est par ailleurs une Tunisienne qui présidera le jury de la Semaine de la critique : la réalisatrice Kaouther Ben Hania, qui avait présenté avec succès son film La Belle et la meute à Cannes il y a cinq ans, dans la section Un certain regard, véritable tremplin du jeune cinéma d’auteur international. La Tunisie sera d’ailleurs très présente sur la Croisette cette année, puisque dans l’autre sélection bis, celle de la Quinzaine des réalisateurs, on pourra voir Sous les figues, d’Erige Sehiri, tourné dans la Tunisie rurale, et Ashkal, de Youssef Chebbi, un polar qui débute par la découverte d’un cadavre à Carthage.

 

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