Aller au contenu principal

Former d'abord

Par empontie
Publié le 18 février 2011 à 20h17
Share

C’EST LA RENTRÉE, et les gamins, jeunes et moins jeunes, vont apprendre, comprendre, évoluer, se préparer à un métier. Enfin, on l’espère… Prions aussi pour qu’ils aient des formations adaptées aux outils techniques qu’ils trouveront dans les bureaux où ils travailleront demain. Dans les pays « frimeurs », disons, en gros, en Afrique centrale, il est de bon ton de s’équiper de machines ou de programmes informatiques super sophistiqués qu’on achète à grands frais, pour montrer que l’on est performant. Quand on a les moyens, pourquoi se priver ? Tout à fait d’accord. Sauf que l’on méprise souvent un détail qui n’en est pas un : pour faire fonctionner tout ça, il faut être formé ! En gros, à vouloir courir sans savoir marcher, on se casse la figure.

Faites le test : essayez de vous faire envoyer un fichier tout simple par les services sous-équipés d’une mairie burkinabè. Refaites le test avec une boîte de com’ équipée dernier cri de Libreville. Vous recevez le premier envoi et rarement le second. Rigolo, non ? Et vous aurez beau expliquer aux suréquipés qu’il vaut mieux laisser tomber les stuff, zip et autres docs finissant par x, et faire dans le traditionnel, ils se vexent, tentent et retentent leur envoi compliqué, veulent utiliser à fond leurs équipements tout neufs.

On les comprend, mais…
C’est toute une mentalité, en fait. On consomme, on achète, mais on ne prend pas le temps d’apprendre ni de comprendre. Pourtant, une petite formation ne coûte pas beaucoup plus cher que le dernier consommable inutilisable qu’on vient d’acheter. Et ça vaut un peu pour tout. On se balade à Douala en Porsche Cayenne, avec un GPS bloqué sur la tour Eiffel, on achète des machines Nespresso pour Brazzaville, alors que personne n’y vend les capsules de café adaptées, on s’équipe de studios 40 000 pistes à Kinshasa qu’aucun musico n’utilisera jamais… Les exemples de ce type sont légion. Lorsqu’il s’agit d’un privé fortuné qui a envie de claquer ses sous sans peur du ridicule, finalement, ça ne dérange personne.

En revanche, lorsque l’outil est totalement inadapté dans le cadre d’une entreprise, c’est le monde du travail et de la performance de tout un pays, à terme, qui en prend un coup. Moralité, il faut plus former et moins frimer. C’est à ce prix que nos pays pourront entrer de plain pied dans la mondialisation, sans mettre la charrue avant les boeufs. Finalement, procéder comme tous les autres ont procédé n’est pas bête. On ne réinvente rien. On apprend, puis on avance. Un pas, puis un pas…