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Comédie

Humour noir en françafrique

Par Jean Marie Chazeau - Publié en août 2021
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Jean Dujardin et Habib Dembélé, qui incarne un président corrompu. CHRISTOPHE BRACHET - DR
Jean Dujardin et Habib Dembélé, qui incarne un président corrompu. CHRISTOPHE BRACHET - DR

OSS 117 nous entraîne dans l’ouest africain postcolonial des années 1980, mais manie LA SATIRE avec prudence…

Après les années 1950 en egypte, les années 1960 au Brésil, voici Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 177, envoyé en mission en Afrique de l’Est. Nous sommes début 1981, et le monde a bien changé pour l’espion français macho et raciste. Il se trouve d’autant plus en décalage dans cette nouvelle décennie qu’il a pris de l’âge et qu’on lui met dans les pattes un adjoint bien plus jeune, OSS 1001. En passant à quatre chiffres, la numérotation des agents secrets frenchies donne un coup de vieux au héros de la saga, qui se trouve relancée par cette compétition intergénérationnelle : face à un Jean Dujardin légèrement empâté mais toujours alerte, le fringant Pierre Niney donne la réplique à toute allure, à la fois obséquieusement respectueux de son aîné et tellement plus efficace…​​​​​​​

CHRISTOPHE BRACHET - DR
CHRISTOPHE BRACHET - DR

Les voici confrontés à un régime africain corrompu (le président est incarné par le comédien malien Habib Dembélé) qui bâillonne son opposition. Mais la première dame, jouée avec volupté et conviction par Fatou N’Diaye, cache bien son jeu… Même si le tournage s’est déroulé au Kenya, le pays est imaginaire, ce qui amoindrit la satire de la Françafrique : en arrière-plan, on sent bien que l’on n’est pas au Gabon, au Bénin ou en Côte d’Ivoire.Et quand la mission tourne au film d’aventures façon Indiana Jones, dans une Afrique éternelle de cases et de girafes de cartes postales, on s’éloigne encore de la caricature mordante esquissée par le réalisateur Nicolas Bedos. Même s’il réussit à jouer avec l’époque et à multiplier les clins d’œil sur les fameuses valises de billets, les derniers mois de la France giscardienne servent surtout de décor. Quelques répliques font mouche : « Je ne suis pas raciste, je porte vos robes », lâche OSS 117 à un homme en boubou. Et de préciser quelque temps plus tard, pour qu’on comprenne bien le second degré sur cette question délicate : « Vous étiez bien à danser tout nu dans la nature, qu’est-ce qu’on est venus vous embêter ? » Mais Hubert Bonnisseur de La Bath qui s’excuse du colonialisme est-il encore le même ?

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